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Le mythe de Averne (ou Avernus)



Un lieu lugubre

On trouve aussi le pluriel neutre Averna. L'averne est un lieu quelconque, une caverne, un lac, un marécage, dont les exhalaisons empoisonnées éloignent ou tuent les oiseaux. Telles étaient, suivant les récits des historiens d'Alexandre, les cavités averniennes d'Adiabène en Mésopotamie. L'imagination des anciens, frappée de la solitude et de la mystérieuse horreur de telles localités, les transforma en entrées des enfers.
L'Averne d'Italie, l'Averne de Virgile, celui par lequel il introduit Enée dans le royaume des morts, est de tous le plus connu. C'était un lac situé à quelque distance de Naples, aux environs de Pouzzoles et de Baies. Ce lac (le lourd,le silencieux Averne des poètes) est entouré de collines. Un sol tout volcanique, des sources d'eau bouillantes qui jaillissent çà et là, de lugubres cavités, des rochers qui se dressent comme de noires murailles, donnent au paysage un caractère profond de tristesse et de mystère. Un peu plus loin étaient les champs élyséens et le lac d'Achérusie. Au temps de Virgile, les hauteurs qui forment l'enceinte du lac étaient couvertes d'épaisses forêts, c'étaient les luci averni consacrés à Hécate.


L'entrée des enfers

Longtemps avant Virgile, l'imagination des Grecs avait fait de ce lieu l'entrée des enfers. Déjà Lycophron place là le Cocyte, le Pyriphlégéton, et les Cimmériens, qui habitent près du lac une ville souterraine, privés à jamais de la clarté du jour. Une tradition bien plus ancienne que Lycophron, et qui se trouve déjà dans Homère, plaçait l'une des entrées des enfers dans l'inconnue et fabuleuse Hespérie.
Le lac formait l'entrée proprement dite des enfers. Les cavités voisines étaient des sortes de soupiraux par lesquels, au rapport de Cicéron, on évoquait les âmes des morts. Les données fondamentales du récit de Virgile ont généralement servi de base aux poètes latins postérieurs, tels que Silius Italicus et Stace. Du reste le nom d'Averne, de lac d'Averne, désigne dans les poètes, non point toujours l'entrée des enfers, mais souvent aussi les enfers mêmes. De plus, il paraît que l'Averne fut personnifié chez les Romains dans un dieu de même nom, dieu du lac ou des enfers. Servius, en effet, raconte que, le lac ayant été violé sous Auguste, la statue d'Averne se couvrit de sueur, et que les prêtres durent l'apaiser par des sacrifices expiatoires.
Le lac est encore connu aujourd'hui sous le nom de lago d'Averno ou lago di Tripergola. A peu de distance, on voit les ruines d'un temple d'Apollon, ainsi que la grotte dite de la Sibylle de Cumes. L'empereur Auguste fit joindre par un canal de communication le lac d'Averne au lac Lucrin, et celui-ci à la mer. Ce canal a entièrement disparu. Du reste, le tremblement de terre de 1538 a bouleversé toute cette localité.


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