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Le mythe de Bouddha



Le dieu suprême de la religion bouddhique

Bouddha est le dieu suprême ou le saint par excellence de l'immense église indianoïde, que les Hindous qualifient d'hétérodoxe, et qui presse de trois côtés l'Hindoustan, lequel s'obstine seul à la repousser de son sein.
La religion bouddhique emploie bien le nom de Bouddha, qui signifie littéralement sage, savant, pour désigner un grand nombre de prêtres ou de sages privilégiés sortis de son sein. Mais il est évident que cette confusion n'a eu lieu qu'à la longue. Regardant ces ministres du dieu comme ses incarnations, on les a identifiés avec lui, ce qui dut se faire d'autant plus facilement qu'à chacun d'eux revenait une certaine part dans le développement successif du culte lamaïque. Ce serait chose impossible de vouloir distinguer l'œuvre du maître, de celle des disciples. Nous nous contenterons d'esquisser la vie symbolique du fondateur de la doctrine, et de résumer l'histoire de cette même doctrine dans les contrées indiennes.


La jeunesse de Bouddha

Voici quelle est, en substance, la version la plus répandue sur Bouddha. Les traditions japonaises, chinoises, siamoises, ne font que la reproduire, avec quelques modifications dans les détails.
Neuvième incarnation de Vishnou, suivant les brahmes, qui semblent ne reconnaître sa divinité qu'à regret, et mêlent un vague reproche aux hommages qu'ils lui adressent tout en persécutant les sectes bouddhistes, le mystérieux législateur naquit au XIe siècle avant J. C. suivant la date traditionnelle la plus générale. Sa naissance varie cependant du XIVe au VIIe siècle avant notre ère. Il descendit du séjour céleste dans le sein de Mahamaya, épouse de Soutadanna, roi de Magadha, au nord de l'Indoustan, et membre de la famille Chakia, la plus illustre de la caste des Brahmanes. Sa mère, qui l'avait conçu sans souillure, le mit au monde sans douleur, après dix mois écoulés. Il naquit au pied d'un arbre et ne toucha pas la terre. Brahmâ se trouva là pour le recevoir sur un vase d'or, et des dieux, ou des rois incarnations des dieux, assistèrent à sa naissance. Des Mounis et des Pandits reconnurent dans ce merveilleux enfant tous les caractères de la divinité, et à peine avait-il vu le jour, qu'il fut surnommé Devata-Deva (dieu des dieux). Il avait reçu au baptême le nom d'Arddhachiddhi. L'enfant divin fit de bonne heure des progrès incroyables dans les sciences. Sa beauté, comme sa sagesse, était plus qu'humaine, et, lorsqu'il s'asseyait sous un figuier, le peuple, assemblé autour de lui, ne se lassait pas de l'admirer.
Parvenu à la fleur de la jeunesse, il se maria avec une princesse de sa famille, non moins belle et non moins parfaite que lui. Il en eut un fils, et, plus tard, une fille. Mais son cœur noble, déchiré des maux de ses semblables, ne respirait que pour les en délivrer. Un jour il s'échappe du palais de son père, et s'en va dans le désert, où doit commencer sa mission divine.


Sa mission divine

Là, il s'ordonne prêtre, se rase la tête de ses propres mains, et, entouré de ses cinq disciples de prédilection, se livre à la vie la plus austère durant plusieurs années. Ce fut alors, ajoute-t-on, qu'il changea son nom en celui de Gaoutama, et que le lait de cinq cents vaches lui rendit sa vigueur première, épuisée par le cours non interrompu de ses méditations. Enfin, après des épreuves diverses, dont il sortit toujours triomphant, ses pénitences terminées, il déclare à ses disciples que le temps est venu de porter au monde le flambeau de la vraie croyance. Les dieux eux-mêmes descendent du ciel pour l'inviter à répandre sa doctrine, et rayonnant de gloire, il se rend à Varanasi (Benarès) pour y occuper le trône des saints qui avaient enseigné la loi dans les âges précédents. Malgré l'opposition de ses adversaires, qui lui reprochent d'être tombé dans les plus graves erreurs, il reçoit du peuple l'honorable surnom de Mouni, qui désormais est ajouté à son nom de Chakia.
Devadati, oncle de Chakia-Mouni, furieux de ses succès, lui suscitait toutes sortes d'obstacles. En ce temps-là les adorateurs du feu, venus de la Perse, cherchaient à propager leur religion, vieille ennemie de celle de l'Inde. Devadati se mit à leur tête, et les sectateurs de Siva étaient près de succomber sous ses attaques réunies. Mais le divin prophète vint à leur secours, il confondit les faux docteurs autant par sa science que par sa force, et les contraignit à lui rendre hommage. Alors le bruit de sa vocation commença à s'étendre, et la doctrine de salut qu'il apportait, prêchée de toutes parts, prévalut peu à peu dans l'Hindoustan.
On dit qu'avant sa mort, arrivée à l'âge de 80 ans, il annonça que sa doctrine en durerait cinq mille, mais qu'elle serait proscrite dans l'Inde, son berceau ; que ses disciples souffriraient de violentes persécutions, et qu'ils se verraient forcés de fuir sur une terre étrangère d'où la vraie croyance sortirait ensuite plus puissante que jamais, pour faire le tour du monde. Il prédit aussi qu'au bout de cinq mille ans un nouvel homme-dieu paraîtrait sous le nom de Maidari. Puis il alla se réunir à la divine essence, dont il était émané, et fut adoré chez les mortels comme Bouddha, c'est-à-dire, comme sage inspiré, ou prophète, Dieu même.
Telle est, à quelques variantes près la biographie du législateur-dieu, laquelle n'est, à proprement parler, que l'histoire du bouddhisme, les nombreux pontifes de la Bandia ayant tous pris successivement la qualification de bouddhas. Il est difficile de distinguer à travers ces divers récits ce qu'il y a de vrai dans la légende miraculeuse du saint et de réel dans son existence. Quoi qu'il en soit, le système religieux de Chakia Monni, qui forme la Dandjour, un Encyclopédie de 232 volumes, est certainement originaire de l'Inde.


Le bouddhisme face au brahmaïsme

Le caractère général qui le distingue du brahmaïsme est celui d'une grande tolérance, d'un grand libéralisme opposé en tous points au système étroit et pétrifiant des castes. Ce ne fut sans doute d'abord qu'une tentative de réforme élaborée successivement par plusieurs pontifes. Les divergences qui existaient sur les points secondaires occasionnèrent une scission entre les brahmes et les bouddhistes. Ces derniers eurent des livres et des théories philosophiques à eux, et appelèrent à la prédication de la parole quiconque se sentait mu d'une vocation intérieure. Une fois l'inspiration divine élevée au-dessus des lois du sacerdoce, les antiques barrières qui subsistaient entre les castes tombèrent bientôt, et il se forma dans l'Inde un ordre nouveau de prophètes appartenant à toutes les classes de la société. Ce furent les samanéens, c'est-à-dire ceux qui ont vaincu leurs passions.
Les brahmes, champions intéressés du système des castes, entamèrent une lutte qui se prolongea longtemps avec des succès variés. Ce ne fut qu'au VIIIe siècle de J.-C. que la persécution organisée par Sankara-Atcharia expulsa définitivement le bouddhisme du cœur de l'Inde. Mais il avait déjà franchi les limites de la presqu'île, et passé à Ceylan, dont il avait chassé le brahmanisme, puis de là, comme d'un second foyer, s'était répandu dans toute l'Inde au delà du Gange, à Siam, dans l'Annam, la presqu'île de Malaca et l'empire des Birmans (Ava et Pégou). La Chine, dès le IIe siècle de l'ère chrétienne, les îles du Japon, en 552, avaient reçu le dieu, la première sous le nom de Foe ou Fo, les secondes sous celui de Bouts ou Pouts. Dans ces diverses localités, on substitue souvent à ce nom celui de Saka ou Chakia. Vers le même temps, Bouddha, Bout ou Pout, fut porté au Tibet, et avec lui la civilisation et l'écriture. Il pénétra sous les noms de Maha-mouni et de Sakia ou Siga-mouni dans toutes les contrées situées au nord de l'Inde et jusque dans les steppes de l'Asie centrale, parmi les Mongols et les Kalmouks. Cachemire même, siège antique de la religion de Brahmâ, l'échangea contre le bouddhisme, et déjà les Pères de l'Église nous parlent de Samanéens à Bactres.


Les représentations de Bouddha

Les effigies de Bouddha, multipliées à l'infini, dans les pagodes de l'Inde nord-occidentale, en Tatarie et en Chine, sont en général peu variés. Un type uniforme se révèle toujours au milieu des modifications de détails dues au caprice des artistes. Quelquefois Bouddha est représenté allaité par la belle Maya, sa mère, qui le tient sur ses genoux, et recevant des offrandes de fleurs et de fruits, près de là sont des groupes d'animaux chers à Bouddha, qui défendit de verser aucun sang. Une auréole ceint la tête de l'enfant divin aussi bien que celle de sa mère.
Ailleurs Bouddha, symbole de la doctrine et de la sagesse, est presque toujours représenté dans l'attitude de l'enseignement ou dans celle de la méditation, et la plupart de ses attributs ont trait aux sciences dont on lui fait honneur. Il porte dans la paume de la main et sur la poitrine le carré magique divisé en quatre carrés plus petits, ou le pentagone dans lequel se trouvent trois triangles. Souvent le lingam, l'yoni, le lotus, le croissant de la lune lui sont donnés. Enfin, il paraît sur un trône, les jambes croisées, le manteau ou le cordon jaune du brahmane tombant de l'épaule gauche. Du reste, il est ordinairement nu et de couleur noire. Ses cheveux courts sont artistement relevés en boucles et frisés autour de sa tête. Parfois une boucle, ou plutôt une touffe prolongée, surmonte toutes les autres, et lui forme une sorte de coiffure. Parfois encore s'élève au-dessus de sa chevelure frisée une espèce de bonnet pyramidal. Ses oreilles sont excessivement allongées par le poids des ornements qui les surchargent, et toute sa physionomie exprime avec une gravité pleine de calme la profondeur des méditations où il est absorbé.
Une figure extrêmement remarquable le présente avec sept têtes, sans doute en qualité de Sourya.


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