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Le mythe de Cabires



Des divinités mystérieuses

Les Cabires sont des divinités mystérieuses, dont on ne connaît pas la nature avec précision, et sur l'origine et le nombre desquelles les mythographes anciens et ceux de nos jours se sont tous partagés, les uns ne nous ayant transmis que des notions rares et incomplètes, et les modernes ayant confondu les Cabires avec diverses divinités locales ou étrangères.


La liste des Cabires

Voici la liste de ces dieux par ordre du pays:

  • Les Cabires de Lemnos, au nombre de trois. Ils étaient adorés à Lemnos, à Samothrace et à Imbros. On les disait fils de Camillus et de Cabeiro, ou bien fils de la même nymphe et de Vulcain, auquel Lemnos était consacrée. Les nymphes Cabirides étaient tantôt leurs filles et tantôt leurs sœurs.

  • Les Cabires de Samothrace. On a cherché à les distinguer de ceux de Lemnos. Mais il est tout à fait invraisemblable que des îles aussi proches l'une de l'autre adorassent sous le même nom des divinités différentes. A Samothace, les Cabires apparaissent comme les ministres des temples, comme des dieux inférieurs, analogues aux Corybantes, aux Pans, etc., et subordonnés aux grands dieux adorés dans l'île, avec lesquels ils ne furent identifiés que plus tard. Sous leur première forme, comme propoloi phrygiens et dieux de Samothrace, la tradition les désigne comme fils de Jupiter et de Calliope: ils ont un emploi mystique, et viennent de Phrygie. Le scoliaste d'Apollonius nomme Cabires deux fils de Jupiter et d'Électre, Dardanus et Jasion. Leur nom générique leur vient de Cabeiros, montagne de Phrygie où était leur séjour. Jupiter et Bacchus sont aussi deux Cabires, dans le mythe de la Cybèle phrygienne. Comme dieux-ministres identifiés avec les dieux supérieurs (ainsi Callisto et Artemis), les Cabires sont au nombre de trois: Axiéros ou Cérès, Axiocersa ou Proserpine, Axiocersos ou Pluton, auxquels on ajoute quelquefois un quatrième dieu, Casmilos ou Mercure.

  • Les Cabires béotiens. Leur culte fut introduit à Thèbes par l'Athénien Méthapos, ainsi que le dit Pausanias, qui se contredit un peu plus loin et rapporte la tradition suivante: « A vingt-cinq stades de Thèbes était un bois consacré à Cérès Cabirie et à Proserpine; auprès s'élevait un temple des Cabires. C'est dans ce lieu qu'avait existé autrefois une ville des Cabires, dans laquelle Cérès fugitive avait enseigné son culte mystérieux à Prométhée et à son fils Ætnæus. Détruite par les Argiens, la ville avait été rétablie plus tard à Alexiares, par Pélarge et Isthmiades, qui réorganisèrent le culte cabirique. » A Anthédon s'élevait aussi un sanctuaire commun à Cérès, à Proserpine et aux Cabires, qu'une tradition populaire liait étroitement au mythe de la grande déesse. Ils étaient regardés, à ce qu'il semble, comme des héros béotiens d'origine, qui, ardents propagateurs du culte de Cérès, avaient été divinisés pour prix de leur zèle.

  • Les Cabires égyptiens. Suivant Hérodote, qui croyait retrouver Vulcain en Égypte, les Cabires, fils de ce dieu, avaient un temple à Memphis, et y étaient représentés sous la forme de nains, comme les Pygmées ou les Palæci Phéniciens.

  • Les Cabires phéniciens à Béryte. Ils sont huit, fils de Sydyk et d'une Titanide. Parmi eux figure Esculape. Ils sont regardés comme ne faisant qu'un avec les Dioscures ou les Corybantes ou les dieux de Samothrace.

  • Les Cabires de Pergame. Le territoire des Pergaméniens leur était consacré depuis une haute antiquité.

  • Le Cabire de Macédoine. D'après une tradition mystique, celui-ci fut mis à mort par ses deux frères, les Corybantes, et enterré au pied de l'Olympe.

  • Les Cabires étrusques. On veut aussi que le culte cabirique soit parvenu en Étrurie. Mais en cette conjecture mal fondée provient de ce qu'on a confondu les Étrusques avec les Pélasges tyrrhéniens. On ne sait guère plus sur ces mystérieuses divinités dont le culte fut si célèbre dans l'antiquité. Quant à leurs fonctions particulières, on voit que les peuples d'Italie les invoquaient dans leurs infortunes domestiques: ainsi les matelots leur adressaient des vœux au milieu des tempêtes, et les veuves, les orphelins, pendant les cérémonies funéraires. Ils apparaissent aussi, d'après plusieurs données précieuses, comme deux de la fertilité. Leur intime connexion avec Cérès, avec Mercure Ithyphallicos, vient à l'appui de cette hypothèse. De plus, les Pélasges leur consacraient une dîme lors des disettes ; Médée fait finir une famine à Corinthe, en sacrifiant à Cérès et aux nymphes de Lemnos, sœurs ou filles des Cabires ; enfin dans Eusèbe, une formule énonce ainsi leurs qualités: A Neptune et aux Cabires terrestres et marins.


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