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Le mythe de Éros (ou Cupidon ou Amour)



Le dieu de l'amour

Éros est le de dieu de l'amour. Il faut distinguer, chez les anciens, trois dieux différents qui portent ce nom:

  • Le premier est le dieu-nature des plus anciennes cosmogonies.
  • Le second est ce type primitif altéré par les modifications des philosophes et des mystiques.
  • Le troisième, enfin, est le dieu de l'amour chanté par les poètes érotiques et épigrammatiques, et dont les jeux folâtres sont à peine du domaine de la mythologie antique.

Le premier Éros

Homère ne mentionne pas encore Éros. C'est Hésiode qui en parle le premier comme d'une des divinités les plus anciennes: « D'abord, dit-il, exista le Chaos, puis la Terre, le Tartare et l'Amour, le plus beau parmi tous les dieux, et qui chez eux comme chez les hommes se joue de leur bon sens et de leurs sages résolutions. » Cette priorité d'existence sur les autres dieux est aussi donnée à Éros par Parménide et par Acusilaüs dans le Phèdre de Platon, et l'on ne s'en étonnera pas si l'on pense que, suivant ces cosmogonies premières, il représente la force puissante qui anime tout d'un amour mutuel, qui fait que toutes choses s'harmonisent. Tel est à peu près aussi le sens des définitions des anciens philosophes qui sont empruntées à la mythologie.
Les traditions modernes font naître l'Amour du Ciel et de la Terre, d'Uranus, d'Ilithyie, de Mercure et de Diane, du même dieu et de Vénus, ou de cette déesse et de Mars, de Zéphyre et d'Iris, ou enfin, de Jupiter, qu'il eut de sa fille Vénus, et en garda le surnom de père (pater, avus) de l'Amour.


Le second Éros

Le second Éros, ou l'Amour tel que le représentent les philosophes, a été encore dédoublé par eux et scindé en deux divinités bien distinctes: l'un, l'amour pur, est fils de Vénus Uranie ; l'autre doit le jour à la Vénus commune, fille de Jupiter et de Diane, ou à Polymnie. On dit encore qu'il naquit, le jour de la fête de Vénus, de Poros et de Pénia.
L'Éros orphique est le fils de Saturne, et le frère de l'Éther. La Nuit est sa fille. Dans une autre tradition, il naît au contraire de la Nuit et de l'Érèbe. « Enfin la Nuit aux noires ailes enfante, dans le sein infini de l'Érèbe, un œuf sans germe, d'où, après une longue révolution d'années, naquit l'Amour. Avant que celui-ci eût tout mêlé, la race des immortels n'existait point encore. Mais quand le mélange de toutes choses fut accompli, alors parut le Ciel, l'Océan, la Terre, et la race immortelle des dieux » (Aristophane).


Le troisième Éros

Les poètes érotiques nous représentent l'Amour comme un jeune garçon éclatant de beauté. Ils racontent de lui mille stratagèmes et mille tours qu'il joue, non-seulement aux hommes, mais même aux dieux et à sa propre mère. Comme l'amour se glisse dans les cœurs par des chemins inconnus, les poètes disent aussi que ses parents sont inconnus, ou bien qu'il a seulement une mère et pas de père. Il exerce sa puissance dans le ciel, sur la terre, au sein des ondes, et même aux enfers. Il dompte les lions et les tigres, arrache les foudres à Jupiter, à Hercule ses armes, et joue avec les monstres marins. « Amour! invincible Amour! tu subjugues les puissants, et tu reposes sur les joues délicates de la jeune fille. Tu règnes sur les mers et dans la cabane du berger. Nul, parmi les dieux immortels ni parmi les hommes éphémères, n'échappe à tes traits. » (Sophocle). Il est cruel, il aime à tourmenter les amants, et jouit quand il peut faire répandre des larmes. On ne peut se fier ni à ses pleurs, ni à ses caresses, ni à ses protestations, ni à ses baisers. Car il ne pense qu'à trahir.
Ses armes sont des torches et des flèches qu'il porte dans un carquois d'or. Celles-ci sont de deux sortes: les unes d'or pur, produisent l'amour ; les autres, armées de plomb, n'inspirent que la haine. Il en a trempé les pointes dans le fiel, le poison, le feu ou le miel. Avec ses torches il peut embraser le cœur même du dieu du soleil. Il est toujours peint avec des ailes, car rien n'est plus fugitif que la passion qu'il inspire. Ses ailes sont de couleur d'or. Souvent on le représente avec un bandeau sur les yeux. Il accompagne ordinairement sa mère. Et son cortège propre se compose de Jocus (la raillerie), de Pothos et d'Himéros (les désirs), de Bacchus, de Tyché (la fortune), de Pitho (la persuasion), des Grâces et des Muses.
Sa statue se trouvait avec celles de Mercure et d'Hercule dans les gymnases. Quelquefois on donne à Cupidon un frère nommé Antéros, qui est le dieu de l'amour réciproque. On le voit souvent accompagné aussi d'un grand nombre de frères ou de compagnons de son âge et de sa forme, que l'on nomme Amours, Érotes, Cupidons. Ils sont, ou fils de nymphes, ou bien ils naissent d'œufs pondus dans le nid de Cupidon.


Le culte et les représentations d'Éros

Partout on honorait Éros par des vœux, des prières et des sacrifices. A Thespies, on célébrait en son honneur, tous les cinq ans, de grandes fêtes nommées Érotics ou Érotidies. A, Lacédemone, en Crète, et à Samos, on appelait ses fêtes Éleuthéries. On l'honorait aussi à Parion de l'Hellespont, à Athènes, où il avait un autel à l'entrée de l'Académie, à Mégare, où son image était placée dans le temple de Vénus, à coté de celles d'Himéros et de Pothos ; à Élis conjointement avec les Grâces ; à Égire ; à Leuctres. Parmi les fleurs, la rose lui était consacrée. A côté de lui, on voit souvent représentées dans les œuvres d'art des anciens, outre des animaux féroces qu'il dompte, le lièvre, le coq et le bouc.
De même que Platon distingue deux différents amours, ainsi les statues de ce dieu présentent deux types distincts: les unes l'offrent à nos regards dans toute la beauté de l'adolescence, tandis que les secondes, qui leur sont postérieures, le représentent, ainsi que ses compagnons, sous la figure d'enfants nus, ayant l'air désœuvré mais malin, portant des ailes, un arc et un carquois, et quelquefois même avec les attributs des autres dieux ou héros qu'on supposait victimes du larcin des Amours.


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