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Le mythe de Expiation



Une cérémonie religieuse

L'expiation était une cérémonie religieuse destinée à effacer un crime ou à apaiser les dieux. Il y en avait de deux sortes: les unes générales, et les autres particulières, qu'on peut considérer encore, les unes comme ordinaires, et les autres comme extraordinaires.


Les expiations générales

Les expiations ou purifications générales ordinaires avaient lieu quand, dans une assemblée, avant quelque acte de religion, et surtout avant les sacrifices, un prêtre ou quelque autre, après avoir trempé une branche de laurier, ou des tiges de verveine dans l'eau lustrale, en faisait aspersion sur le peuple, autour duquel il tournait trois fois pour cela.
Les expiations ou purifications générales extraordinaires se faisaient dans des temps de peste, de famine, ou de quelque autre calamité publique, et alors ces purifications étaient cruelles et barbares, surtout chez les Grecs. On choisissait celui des habitants d'une ville qui avait la figure la plus laide et la plus difforme. On le conduisait avec un appareil triste et lugubre au lieu destiné pour le sacrifice, et là, après plusieurs pratiques superstitieuses, on l'immolait, on le brûlait, et on jetait ses cendres dans la mer.


Les expiations particulières

Les purifications particulières ordinaires étaient extrêmement communes. Elles ne consistaient qu'à se laver les mains avant quelque acte de religion, avec de l'eau commune, quand cet acte se faisait en particulier, ou avec de l'eau lustrale à l'entrée des temples, et avant les sacrifices. Il y en avait qui ne se contentaient pas de se laver les mains. Ils croyaient acquérir une plus grande pureté en se lavant aussi la tête, les pieds, quelquefois tout le corps et leurs habits mêmes. C'est à quoi étaient surtout obligés les prêtres, qui, pour leur purification, avant de pouvoir remplir les devoirs de leur ministère, étaient tenus d'observer quelques pratiques austères pendant plusieurs jours, avant la cérémonie religieuse, comme d'éviter soigneusement toute sorte d'impureté, et de se priver même des plaisirs permis.
Les purifications particulières extraordinaires avaient lieu pour ceux qui avaient commis quelque grand crime, comme l'homicide, l'inceste, l'adultère, etc. Quand quelqu'un avait commis un de ces crimes, il ne pouvait se purifier lui-même, mais il était obligé d'avoir recours à une espèce de prêtres appelés pharmaques, qui le faisaient passer par plusieurs cérémonies superstitieuses, ayant soin, par exemple, de faire sur lui des aspersions de sang, de le frotter avec une espèce d'oignon, de lui faire porter au col une sorte de collier de figues, etc. Il ne pouvait entrer dans les temples, ni assister à aucun sacrifice, qu'un pharmaque ne l'eût déclaré suffisamment purifié.


L'eau utilisée pour les expiations

La matière le plus ordinairement employée pour les expiations était l'eau naturelle. Celle de la mer, quand on pouvait en avoir, était préférée à toute autre, et ce n'était qu'à son défaut qu'on se servait de celle des fleuves et des fontaines. Mais ou avait soin d'y mettre du sel, et quelquefois on y ajoutait du soufre.


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