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Le mythe de Géants (ou Gigantes)



Les géants selon les différentes traditions

Homère représente les géants comme une race d'hommes qui, doués d'une taille gigantesque et d'une fierté indomptable, vivaient sous la domination d'Eurymédon, dans la partie occidentale de la Sicile qu'occupaient aussi les Phéaciens, les Cyclopes et les Lestrigons. Ils périrent de la main des dieux, irrités de leur orgueil et de leurs crimes.
Dans Hésiode, ils ont une origine divine. C'est le sang d'Uranus qui les produisit en tombant sur la terre. Ils sont revêtus, dit ce poète, d'une armure brillante, et armés de javelots formidables.
Plus tard la tradition primitive s'altéra. Les Cyclopes furent confondus avec les Titans et les Aloades, et donnés comme fils de Gé (la Terre) et du Tartare. On reproduisit sous une autre forme la lutte des Titans contre Uranus, en l'attribuant aux géants, qui cette fois luttent non plus contre le dieu primordial, mais contre Jupiter et les divinités de l'Olympe.
Ces terribles adversaires de la puissance souveraine qui régit le monde sont représentés par Ovide comme des êtres monstrueux, d'un extérieur effrayant. Leur tête est hérissée d'une noire chevelure, et la partie inférieure de leur corps, privée de pieds, s'arrondit en queue de dragon couverte d'épaisses écailles. De là leur nom de serpentipèdes. Postérieurement encore on leur donna des ailes.


Le lieu où ils envahirent les dieux

Conformément au mythe homérique, c'est toujours sur les extrêmes limites des contrées occidentales, et toujours dans des régions volcaniques, que les traditions postérieures placent le lieu de l'audacieuse escalade au moyen de laquelle ils se flattaient d'envahir la demeure des dieux. Pausanias désigne Pallène en Macédoine, comme l'emplacement où ils amoncelèrent des rochers et des troncs d'arbres. D'autres disent que ce fut à Phlégra, qu'on identifie aussi avec Pallène. Mais cette indication ne précise absolument rien, puisque les champs phlegréens (campagnes ardentes), théâtre du combat des dieux et des Cyclopes, sont transportés tour a tour, suivant les traditions locales, dans le territoire de Cumes en Campanie, en Arcadie, en Thessalie, etc.
Ovide adopte l'opinion qui plaçait la lutte dans ce dernier pays, et décrit les géants aux cent bras occupés à entasser montagnes sur montagnes. Jupiter foudroie cette masse énorme de rochers, et ensevelit ses adversaires sous d'immenses débris. Il est à remarquer que le poète fait figurer à tort Typhœus dans ce combat.


Le combat des géants contre les dieux

Suivant le récit d'Apollodore, les deux géants qui se distinguèrent le plus par leur témérité et leur valeur furent Porphyrion et Alcyonée. Nul ne pouvait vaincre le dernier tant qu'il combattrait dans sa terre natale. Et fier de cette prérogative, il avait poussé son audace jusqu'à enlever les bœufs du Soleil.
Un oracle ayant prédit aux dieux qu'ils ne pourraient triompher de leurs ennemis qu'avec l'aide d'un mortel, Hercule fut prié de se joindre à la troupe céleste. Dès que le héros apparut, tout changea de face. Alcyonée, percé de flèches, revint cependant à la vie en touchant la terre. Mais traîné hors du territoire de Pallène par son vainqueur, il expira aussitôt. Porphyrion, qui s'était subitement épris d'un violent amour pour Junon, fut tué par Jupiter comme il allait faire violence à la reine des dieux. Quant aux autres géants, Éphialtès eut les yeux crevés par les flèches d'Apollon, Eurytus périt assommé d'un coup de thyrse par Bacchus, Clytius fut tué par Hécate, ou bien Vulcain l'écrasa sous le poids d'une masse de fer incandescent. Minerve se signala, et en écorchant Pallas et en lançant l'île entière de Sicile sur le corps d'Encelade que d'autres font mourir de la main de Silène. Polybotès s'enfuit pour éviter les traits d'Apollon. Mais ce dieu l'engloutit sous une portion de l'île de Cos. Les vainqueurs d'Hippolyte et de Gration furent Mercure et Diane, tandis qu'Agrios et Thoon, qui avaient pour armes des massues d'airain, périrent de la main des Parques. Enfin Jupiter et Hercule firent justice des géants qui restaient encore, en les perçant de leurs flèches.
Tel est ce célèbre combat que Phidias avait représenté en haut relief dans l'intérieur du bouclier de sa Minerve d'or, et dont nous possédons de nombreux épisodes sur des pierres gravées. Il est soumis à quelques variantes que nous ne pouvons reproduire ici en entier. Ainsi, suivant un scoliaste de Pindare, c'étaient deux demi-dieux et non un mortel qui devaient assister les dieux, et pour obéir à l'oracle de la terre, Hercule et Bacchus se rendirent immédiatement dans l'Olympe. Eratosthènes ajoute que ce dernier, Vulcain, et les satyres, arrivèrent au combat montés sur des ânes.


Le surnom des géants

Les géants portent, en raison de leur origine, le surnom de Gegeneis (Terrigenæ, nés de la Terre). Les anciens supposaient que plusieurs d'entre eux, tels que Encelade, Mimas, Polybotès, etc., gisaient sous des îles volcaniques.


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