Accueil > Les mythes commençant par H > Le mythe de hécate

Le mythe de Hécate



Les origines inconnues d'Hécate

Hécate est une divinité des anciens Thraces, inconnue à Homère, et qui se rattache dans son principe aux premières conceptions de la mythologie titanique. Les poètes ne sont nullement d'accord sur son origine, et la font naître tour à tour de Persès et d'Astérie ; de Jupiter et de Cérès, qui l'envoyèrent sous la terre à la recherche de Proserpine ; du même dieu et de Phérée, par laquelle elle fut exposée dans un carrefour, d'où elle fut retirée par des bergers qui l'élevèrent ; de Latone ; du Tartare ; enfin, de Jupiter et de Junon.
Désignée par le nom d'angelos (envoyée), Hécate vola du fard à sa mère pour le donner à Europe, puis, redoutant la colère de Junon, elle s'enfuit chez une nouvelle accouchée, et se cacha ensuite sous un linceul, ce qui la rendit impure. Les Cabires la purifièrent dans l'Achéron, par ordre de Jupiter, et de cette manière Hécate devint une déesse du Tartare.


Les attributions d'Hécate selon les différentes traditions

Ces traditions sont toutes postérieures à Hésiode, selon lequel Hécate, depuis l'époque des Titans, était puissante à la fois dans le ciel, sur la terre et sur la mer. Elle donnait ou refusait les richesses, la victoire, la gloire, la sagesse. Elle présidait à la navigation, et veillait à la prospérité des enfants et des troupeaux. Seule de toutes les divinités titaniques, elle conserva sa puissance sous Jupiter, qu'elle défendit contre les géants. Clytius périt de sa main.
Dans la suite, le triple pouvoir d'Hécate et ses diverses attributions la firent confondre avec d'autres divinités. Cette confusion existe déjà dans les hymnes homériques. Considérée comme reine de la nature, elle eut un culte mystique, et fut identifiée en tout ou en partie avec les déesses en l'honneur desquelles on célébrait des mystères (Cérès, Rhée, Cybèle ou Brimo) ; comme chasseresse et protectrice de l'enfance, avec Diane Courotrophos ; comme déesse de la lune, avec la Proserpine mystique, dont les tragiques la rapprochent fréquemment. Elle figure aussi dans les mythes des Cabires et des Curètes, et dans le culte d'Apollon. Ainsi, l'on voit auprès de Délos une petite île nommée l'île d'Hécate (Athénée).
Dans les hymnes, Hécate et le soleil sont les seuls qui s'aperçoivent de l'enlèvement de Proserpine. La déesse saisit un flambeau, et aide Cérès à chercher sa fille, dont elle devient ensuite la fidèle compagne.


La déesse souterraine

Ce sont sur tout les tragiques qui attribuèrent à Hécate une grande puissance dans les enfers et la firent régner sur les ombres. En cette qualité de déesse souterraine, elle apparaît sous deux aspects principaux:

  • Déité souveraine du royaume ténébreux, elle jouit d'un pouvoir immense, et porte les surnoms de Chthonia (souterraine), Amaimacetos basileia (reine invincible), Nerteron prytanis (prytane des morts). Les purifications et les expiations sont sous sa présidence. Son cortège est composé de chiens dévorants.

  • Déesse nocturne et magique, elle préside aux enchantements, aux incantations, et envoie sur la terre les monstres et les démons évoqués des enfers. C'est elle qui enseigne les arts magiques. La nuit, entourée de chiens infernaux, elle s'arrête dans les carrefours, auprès des tombeaux, et dans les lieux souillés par quelque crime, faisant aboyer ses horribles compagnons pour jeter l'épouvante dans l'âme des meurtriers. Sous ce dernier aspect, elle porte les noms de Einodia, Trioditis, Trivia, Tymbidia, Nyctipolos (qui erre la nuit). Parmi ses autres surnoms, on distingue les suivants: Antaia (ennemie), Cynosphagès (à laquelle on sacrifie des chiens), Triauchen, Trimorphos, Triprosopos, Trissocephalos, Phylax (gardienne), Phosphoros.

Le culte et les représentations d'Hécate

Honorée à Samothrace et à Égine comme déesse mystique, Hécate était révérée dans beaucoup d'autres lieux. A Athènes, on l'invoquait comme Epipyrgidia (protectrice de la ville), dans un sanctuaire placé près du temple de la Victoire. On élevait en outre, en son honneur, de petites colonnes, nommées Hécatées. Les animaux qui lui étaient consacrés étaient le chien et l'agneau noir. On lui offrait aussi du miel dans les sacrifices.
Les poètes ont représenté Hécate comme une déesse à triple face, qui a une tête de cheval, une tête de chien, et une tête de lion. On lui donna plus tard trois têtes de vierge. Ses statues se composent ordinairement de trois corps.


La fille d'Hécate

Une tradition rapportée par Diodore donne pour fille à Hécate Médée, qu'elle eut d'Æétès. On comprend que cette absurde fable, qui n'a aucun caractère de vraisemblance mythologique, fut fabriquée par quelque poète pour expliquer les connaissances de Médée dans l'art magique.


Autres mythes :