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Le mythe de Héraclides



Les descendants d'Hercule

On appelle Héraclides les fils, petits-fils et autres descendants d'Hercule. Déjà dans Homère, Thessalus et Tlépolème sont distingués par cette dénomination, mais elle s'applique surtout aux descendants d'Hyllus, qui conquirent le Péloponnèse avec l'aide des Doriens. Leurs droits à la souveraineté de ce pays avaient pour base la volonté de Jupiter, qui avait destiné son fils à régner sur Mycènes et Tyrinthe, et à être le premier en puissance parmi les Perséides.
On sait comment Junon détourna l'arrêt du maître des dieux, en faveur d'Eurysthée, mais après la mort de celui-ci, le pouvoir souverain échut de droit aux Héraclides, qui, suivant la tradition dorienne, tiraient leur origine des rois de Mycènes, et étaient regardés comme des chefs doriens. Ces derniers peuples ayant, pour reconnaître les services d'Hercule, accordé en pleine possession à ses enfants un tiers du pays, ce fut donc en s'appuyant sur les anciennes victoires et conquêtes d'Hercule que les Héraclides et les Doriens réclamèrent le Péloponnèse.
Cette époque est particulièrement curieuse en ce qu'elle marque la transition des âges héroïques ou fabuleux aux temps historiques, et le départ des colonies helléniques, qui eurent une si grande influence sur le développement intellectuel, moral et physique de la Grèce.


Les différentes traditions sur l'extradition des Héraclides

Mais reprenons les faits de plus haut. Il y a trois traditions principales sur la première extradition des Héraclides:

  • Suivant Apollodore et Diodore, qui s'accordent à quelques différences près, les enfants du héros, Hyllus, l'aîné de tous, et son héritier, Télèphe, Tessalus, Ctésippe, Antiochus, Tlépolème, Lamus ou Agélos, la jeune Macarie, étaient sous la garde de Céyx, roi de Trachine, lorsque Eurysthée demanda leur expulsion. Ils eurent peur, et, quittant Trachine, se retirèrent ou furent envoyés par Céyx à Athènes. Cette ville leur accorda une généreuse hospitalité.

  • Selon Euripide, ils se trouvaient à Argos, lors de la mort de leur père, et, poursuivis par les envoyés d'Eurysthèe, cherchèrent un asile à Marathon.

  • Suivant Phérécyde Hercule, étant mort non pas hôte de Céyx, mais en possession de la souveraineté à Mycènes, ses enfants durent quitter cette ville pour échapper aux persécutions d'Eurysthée, qui ressaisit le pouvoir, et se réfugièrent chez Démophon, fils de Thésée, dans la Tétrapole Attique. On fixe encore le lieu de leur séjour à Tricorythos.

Les divers combats des Héraclides

Quoi qu'il en soit, toujours poursuivis par la haine du favori de Junon, qui vint les redemander à la tête d'une année, les Héraclides élurent pour chef Iolas, Thésée et Hyllus, marchèrent contre leur persécuteur avec un nombreux corps d'Athéniens, et le mirent en déroute. Eurysthée périt sur le champ de bataille, ainsi que ses fils. Les auteurs placent le lieu de ce combat dans les parties les plus diverses de la Grèce, à Thèbes, à Mégare, etc. Cette victoire ouvrit le Péloponèse aux Héraclides, qui en soumirent toutes les villes.
Mais, à cette époque, la peste ayant ravagé le pays pendant toute une année, et l'oracle ayant déclaré qu'ils en étaient la cause, parce qu'ils étaient rentrés avant le temps déterminé par les dieux, ils abandonnèrent leur nouveau royaume et se retirèrent dans la Tétrapole. Tlépoléme seul se rendit à Rhodes, et devint roi de cette île.
D'autres légendes montrent les Héraclides réclamant à Ægimius, fils de Dorus, les possessions qui leur reviennent de leur père, et habitant Thèbes après la mort d'Eurysthée.
Cependant Hyllus, ayant épousé Iole, suivant les ordres de son père, chercha à faire rentrer les Héraclides dans le Péloponnèse, et alla consulter l'oracle de Delphes sur les moyens d'y parvenir. Le dieu lui répondit d'attendre jusqu'aux troisièmes fruits. Hyllus, croyant que cela voulait dire trois années, attendit ce terme, et entra avec son armée dans le Péloponnèse. Il provoqua à un combat singulier le Pélopide Atrée, ou Echémus, prince tégéate, et il fut convenu que la paisible possession du pays serait le prix de la victoire. Hyllus fut tué, et les Héraclides se retirèrent une seconde fois du Péloponnèse.
Cléodœus, fils d'Hyllus, fit une troisième tentative sans succès. Son fils Aristomaque échoua également, et périt dans un combat, sous le règne de Tisamène, fils d'Oreste. Enfin les fils de ce quatrième Héraclide: Téménos, Cresphontès, Aristodème, consultèrent encore l'oracle au sujet de leur retour. Le dieu les ayant renvoyés à son oracle précédent, Téménos lui allégua l'inutilité des tentatives de ses aïeux. Alors Apollon s'expliqua: par fruits, il n'avait pas entendu ceux de la terre, mais ceux des hommes, c'est-à dire la génération ; et par chemin étroit et humide, il avait désigné la mer qui est à la droite de l'Isthme.


La dernière expédition des Héraclides

Aussitôt Téménos, formant la résolution de tenter une nouvelle expédition, fit construire des vaisseaux à Naupacte, mais un devin ayant été tué dans cette ville, la flotte périt par la vengeance des dieux, et Aristodème fut frappé de la foudre. Un nouvel oracle ordonna alors à l'armée de choisir pour chef un homme qui eût trois yeux. Pendant que les chefs délibéraient entre eux sur cette singulière décision, ils virent arriver à cheval Oxylus, lequel était borgne, et remplissait par conséquent la condition. Ils l'élurent immédiatement général, et, cette fois, Doriens et Héraclides battirent leurs ennemis par terre et par mer. Tisamène fut tué dans un combat. Une fois maîtres du Péloponnèse, les vainqueurs le divisèrent en trois parts. Argos échut à Téménos ; Eurysthène, et Procléus, fils d'Aristodème, eurent Lacédémone. Quant à la Messénie, elle revint à Cresphontès.


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