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Le mythe de Hercule (ou Héraclès ou Hercules)


Hercule est l'idéal d'un héros dont la vie entière est consacrée au salut de l'humanité ou à celui d'une nation. Les fables relatives à ce personnage mythique, telles qu'elles sont rapportées dans les deux poèmes d'Homère et dans les hymnes, sont essentiellement grecques ainsi que le nom même d'Hercule.


De l'Hercule égyptien à l'Hercule grec

L'Hercule grec ne peut nullement, malgré l'assertion formelle d'Hérodote, être une simple copie, une refonte de l'Hercule égyptien. D'abord celui-ci s'appelait Djom ou Som dans la langue indigène. Ensuite il est l'un des douze grands dieux de la vieille terre de Khami, et ne se rapproche en rien du type héroïque. Enfin, le mythe relatif au fils d'Alcmène a une couleur purement grecque dans l'ensemble et dans les détails de la conception primitive. Pour accorder Hérodote avec le bon sens, il suffit de remarquer que les Égyptiens pouvaient très bien avoir appris connaître l'Hercule grec, par le moyen des peuples de cette contrée qui émigrèrent en Egypte sous Psammétichus.
Quant au Meikarth phénicien, qu'on identifia aussi de bonne heure avec le héros béotien, on peut le reléguer, comme Djom au nombre des divinités locales qu'un aveugle esprit de système a pu seul faire comparer à des créations très différentes. L'étymologie qui fait venir Héraclès de racal, colon errant, colporteur, est très ingénieuse sans doute, mais n'a aucun fondement. Hercule n'a nullement le caractère du colon. Il démolit beaucoup plus qu'il ne fonde et se montre, dans le mythe homérique, essentiellement pédestre. Loin de rassembler une grande flotte pour attaquer Ilion, comme l'ont dit les mythologues des âges modernes, il part sur six vaisseaux garnis d'un petit nombre de soldats et de marins. Il n'y arien là dedans qui a trait à une colonisation maritime, et les auteurs des derniers âges ont fait preuve d'un sens exquis en s'efforçant instinctivement d'établi l'origine grecque de leur héros. Car quel autre sens aurait leurs assertions: qu'Hercule s'appelait dans l'origine Alcide nom grec s'il en fut jamals ; qu'il reçut le nom d'Hercule, à cause des persécutions de Junon, ou par ordre de l'oracle, devant acquérir une gloire éternelle, eu portant secours aux hommes.
Il y a au fond de tout cela une intention bien marquée de défendre la nationalité, l'originalité d'une conception qui est peut-être ce que l'esprit poétique des Grecs a produit de plus grand et de plus beau. Si nous remarquons d'ailleurs que dans l'enfance de chaque peuple, il se présente quelque figure de héros bienfaisant, appartenant à la première période de la civilisation, et acceptant avec joie les plus grands labeurs pour purger son pays des fléaux qui l'infestent, combattant les monstres, protégeant les faibles, assainissant le sol par l'écoulement des eaux, à la fois civilisateur et guerrier, on ne s'étonnera nullement des coïncidences parfois merveilleuses que présentent les divers Hercules italiote, phénicien, égyptien, indien même, et surtout des modifications et augmentation imposées aux traditions qui se réunissent en un énorme faisceau sur la tête du héros grec.
Voyons un peu comment la tradition primitive peut être dégagée de sa gangue, et il restera plus de place au doute. Dans Homère, nulle trace d'une origine étrangère ou de plusieurs Hercules. De plus, tous les traits du mythe sont essentiellement grecs, et le héros à est libre encore de la tunique de peau et de la massue, ornements égyptiens dont on l'a affublé postérieurement. L'hymne homérique, qu'Ilgen pense n'être que le début d'une ancienne Héraclée ou épopée herculéenne, présente les traditions dans le même ordre, avec la même simplicité de faits que l'Iliade et l'Odyssée.
Ici commence l'altération. Lorsque les poètes des âges suivants eurent brodé de diverses manières et considérablement agrandi le cycle mythique du héros, lorsqu'on eut commencé à comparer et à identifier les dieux et héros grecs avec ceux des autres nations, la masse des traditions relatives à Hercule ayant semblé trop lourde pour un seul individu, on imagina de reconnaître plusieurs héros du même nom. C'est-à-dire qu'après avoir ramassé en un bloc autour d'un type national tout ce que l'esprit de curiosité naturel aux Grecs pouvait leur apprendre sur une multitude de personnages divers, on imagina de rescinder cette masse. Mais en coupant à droite et à gauche, donnant à l'un ce qui appartenait à l'autre, la confusion fut encore augmentée par une tendance vicieuse à réduire aux proportions humaines les énormes figures des temps héroïques. Le sens profond et poétique des anciennes conceptions fut alors tout à fait perdu, comme on peut le voir par les Alexandrins qui, méconnaissant dans Hercule ce type élevé et magnanime de l'homme qui souffre et meurt pour ses frères, arrangèrent ses travaux, et en réduisirent le nombre à douze, pour transformer le fils d'Alcmène en un dieu-soleil.
Mais nous ne faisons pas ici de traité méthodique du symbole. Nous nous contenterons de faire une remarque sur un passage d'Hérodote auquel on accorde beaucoup trop d'importance. Cet historien parle de deux Hercules, l'un égyptien et phénicien, type du second, l'Hercule grec. Au sujet de quoi Plutarque répond avec raison que ni Homère, ni Hésiode, ni Archiloque, ni Pisandre, ni Stésichore, ni Alcman, ni Pindare, ne connaissaient plusieurs Hercules. Tous ces auteurs, dit l'historien de Chéronée, n'ont jamais parlé que d'un Hercule argien ou béotien. Il aurait cependant pu ajouter que dans Hésiode on trouve déjà quelques traces des traditions phéniciennes, qui, analogues à celles de l'Hercule grec, s'y reliaient aisément. Diodore compte trois Hercules: un d'Egypte, un de Crète, et un de Thèbes. Cicéron en nomme six, qui sont: fils du Nil, fils de Jupiter et de Lysithoë, Dactyle idéen, l'Hercule indien, fils de Jupiter et d'Astérie, fils de Jupiter et d'Alcmène. Lydus en connaît sept, et Varron pas moins de quarante-quatre. Un pareil système ne tendait à rien moins évidemment qu'à individualiser chaque action du héros, et conséquemment à dénaturer le mythe d'une manière complète.
Passons maintenant à l'historique de la fable.


Les traditions antiques

Fils de Jupiter et d'Alcmène, qui lui donna le jour à Thèbes en Béotie, Hercule est le type parfait d'un héros bienfaisant qui consacre sa vie entière au salut de l'humanité, et le plus célèbre des guerriers de ces temps héroïques, si féconds en personnages illustres. Doué d'une force prodigieuse et d'un courage à toute épreuve, il pousse parfois la témérité jusqu'à défier les dieux immortels, à la volonté desquels il se soumet cependant durant sa longue vie de souffrances.
La haine de Junon, qui le priva du pouvoir souverain auquel Jupiter l'avait appelé, lui suscitant d'interminables persécutions, il doit continuellement errer sur terre et sur mer pour secourir les opprimés et dompter les monstres, au mépris de son repos et de sa propre vie. Le cercle de ses pérégrinations ne s'étend cependant pas au delà de la Grèce et de l'Asie Mineure. Le dernier de ses hauts faits, qui n'ont pas de nombre déterminé, est d'arracher Cerbère de l'empire des ombres. Junon s'apaise enfin à la mort du héros, et Hercule, déposant sa dépouille mortelle, qui s'en va habiter, comme ombre, dans le royaume de Pluton, s'élève dans l'Olympe, où il habitera désormais uni à la jeune Hébé, et siégeant au milieu des dieux immortels.
Tels sont les traits essentiels de l'histoire mythologique primordiale du héros.


L'enfance d'Hercule selon les traditions modernes

Né à Thèbes ou à Tirynthe de Jupiter et d'Alcmène, qui le mit au monde en même temps qu'Iphiclès, Hercule fut privé par Junon de la puissance souveraine à laquelle il était destiné. Jupiter, ne pouvant remédier à ce qui était accompli, se contenta d'obtenir de sa femme, que le fils d'Alcmène, après sa vie périlleuse, serait admis au nombre des dieux. A cette condition, il laissa la royauté à Eurysthée. Mais la rage de Junon n'était pas apaisée, et elle envoya deux serpents auprès du berceau de l'enfant qui n'avait encore que huit mois. Hercule se leva de son berceau, et tua les serpents en les étouffant chacun d'une main. Phérécyde dit que ce fut Amphitryon lui-même qui mit ces deux serpents dans le berceau de ses enfants pour savoir lequel des deux était le sien ; qu'Iphiclès s'enfuit, et qu'Hercule attendit les serpents, ce qui lui fit connaitre qu'Iphiclès était son fils. Cette tradition est absurde et révolte le sens commun. Dans ses Néméennes, Pindare fait apparaître Tirésias, qui, à la vue des serpents étouffés, prédit à Hercule les travaux et la gloire qui l'attendent, et comment il sera admis dans l'Olympe, après sa mort.
Hercule fut élevé à Thèbes. Diodore rapporte qu'Alcmène, effrayée des menaces de Junon, l'ayant déposé dans un champ, il y fut recueilli par Minerve et Junon, qui voulurent l'allaiter, et finirent par le rendre à sa mère. Suivant Eratosthène, Mercure porta le nouveau-né dans l'Olympe, et le déposa sur le sein de la reine des dieux, qui, irritée, à son réveil, arracha violemment l'enfant de son giron. Le lait, en s'échappant, forma la voie lactée.
Hercule apprit d'Amphitryon à conduire un char ; d'Autolycus ou d'Harpalycus, l'art de la lutte ; Eurytus, d'autres disent le scythe Teutaros, lui enseigna à tirer de l'arc ; Castor, à combattre armé de toutes pièces ; Linus et Eumolpe, la musique et les sciences. Rhadamanthe, Chiron et Thestiade figurent aussi au nombre de ses précepteurs. Frappé par Linus, le jeune héros le tua d'un coup de lyre. Étant poursuivi devant les tribunaux pour ce meurtre, il se défendit en citant la loi de Rhadamanthe, qui absout celui qui en tue un autre en repoussant la force par la force. En conséquence de cette loi, il fut acquitté. Mais Amphitryon, craignant qu'il ne fit encore quelque chose de pareil, l'envoya vers ses troupeaux de bœufs.


La jeunesse du héros

Hercule devint bientôt d'une grandeur et d'une force extraordinaires. Il avait quatre coudées de haut, suivant Apollodore. Pindare le fait petit de taille, mais d'un courage indomptable. Le feu sortait de ses yeux. Il ne manquait jamais son but, soit à l'arc, soit à la lance. N'ayant que dix-huit ans, et étant encore avec les troupeaux, il tua le lion du mont Cithéron. Cet animal sortait de la montagne pour ravager les troupeaux d'Amphitryon et ceux de Thestius, roi des Thespiens, dont les cinquante filles eurent toutes des enfants du héros. Après avoir tué le lion, Hercule se revêtit de sa peau, et se servit de sa tête en place de casque. Cette tradition n'est, du reste, qu'une copie de celle qui a rapport au lion de Némée.
C'est ici le lieu, au début de la glorieuse carrière d'Hercule, de parler de l'allégorie de Prodicus, qui n'appartient proprement pas à la mythologie, mais qui est si connue, qu'on ne saurait la passer sous silence: « Hercule, étant devenu grand, sortit, dit Xénophon, en un lieu à l'écart, pour penser à quel genre de vie il se donnerait. Alors lui apparurent deux femmes de grande stature, dont l'une, fort belle, qui était la Vertu, avait un visage majestueux et plein de dignité, la pudeur dans les yeux, la modestie dans tous ses gestes, et la robe blanche. L'autre, qu'on appelle la Mollesse ou la Volupté, était dans un grand embonpoint, et d'une couleur plus relevée. Ses regards libres et ses habits magnifiques la faisaient remarquer. Elle essaya d'attirer Hercule à elle, mais il se décida à embrasser le parti de la Vertu. »
Au retour de sa chasse, Hercule rencontra les hérauts qu'Erginus envoyait à Thèbes recevoir le tribut. Il les mutila, leur coupa le nez et les oreilles, et, ayant attaché leurs mains à leur cou, leur dit que c'était le tribut qu'il donnerait à Erginus et aux Minyens. Erginus marcha contre Thèbes. Hercule, ayant reçu une armure de Minerve, tua son adversaire, mit les Myniens en fuite, et leur imposa un tribut double du premier. Amphitryon périt dans ce combat, qui valut au héros la main de Mégare, fille de Créon. Euripide dit cependant qu'il vivait encore longtemps après. Suivant Diodore, Amphitryon avait voulu livrer Hercule à Erginus, mais le héros, exhortant la jeunesse thébaine à mourir pour la patrie, l'avait revêtue des armes consacrées dans les temples, et, avec son aide, s'empara d'Orchomène. Erginus ne fut pas tué dans le combat, dit Pausanias, il fit alliance avec son ennemi. Diodore rapporte encore qu'Hercule, ayant intercepté le cours du Céphise, au moyen d'énormes quartiers de rochers, fit ainsi refluer les eaux dans les terres, et empêcha par là l'effet de la cavalerie des Orchoméniens.


Le meurtre de ses enfants

Après son expédition contre les Minyens, Junon, jalouse de lui, le rendit furieux, et, dans un accès de délire, il jeta au feu les enfants qu'il avait eus de Mégare et deux de ceux d'Iphiclès. S'étant condamné à l'exil pour cette action, il fut purifié par Thestius. Il alla à Delphes consulter l'oracle, pour savoir quel lieu il habiterait. Et ce fut là qu'il reçut pour la première fois, de la pythie, dit Apollodore, le nom d'Hercule. La prêtresse lui dit d'habiter Tyrinthe, d'y servir pendant douze ans Eurysthée, d'exécuter les travaux qu'il lui ordonnerait, et qu'après les avoir terminés, il obtiendrait l'immortalité.
Les mythologues sont loin d'être d'accord sur cette période de la vie du héros, qui précède son service chez Eurysthée. Ils diffèrent sur l'époque et la cause de la folie d'Hercule. Suivant Euripide, c'est à son retour des enfers que le délire le saisit. Il tua Mégare et ses enfants, et allait égorger Amphitryon, si Minerve ne lui eut lancé une énorme pierre qui le renversa. On voyait cette pierre sous l'autel d'Apollon Isménien à Thèbes. Le scoliaste de Pindare s'accorde avec Euripide pour faire périr les enfants d'Hercule sous les traits de son arc redoutable. Selon Diodore, Junon inspira la folie au fils d'Alcmène, comme il s'attristait de sa vie aventureuse, après avoir entendu la réponse de l'oracle. Ou bien, demandant à Apollon comment il pourrait se purifier du meurtre de ses enfants, et n'en recevant pas de réponse, il vola le trépied sacré et ne le rendit que sur l'ordre de Jupiter. C'est pour cela que Mercure le vendit à Omphale.
Les auteurs ne s'accordent pas davantage sur la cause de la subordination d'Hercule à Eurysthée. La tradition homérique en donne pour raison le serment de Jupiter et la ruse de Junon. Un autre mythe rapporte que, voulant expier le meurtre de ses enfants, il suivit l'ordre d'Apollon, et de même que le dieu avait accepté un rôle inférieur pour expier la mort de Python, se soumit à Eurysthée. Enfin, une troisième fable dit que ce dernier rappela Hercule auprès de lui, jaloux qu'il était de sa gloire. Jupiter ordonna au héros d'obéir à son ennemi, et lui promit en récompense l'immortalité.


Hercule sous les ordres d'Eurysthée

Obéissant à l'ordre de l'oracle, Hercule se rendit à Tirynthe pour y recevoir les ordres d'Eurysthée. La tradition la plus générale est qu'il exécuta douze travaux célèbres qui l'immortalisèrent. Mais ni Homère ni les anciens poètes grecs ne parlent de ce nombre déterminé, imaginé par les Alexandrins, par suite de l'identification de l'Hercule grec avec l'Hercule égyptien, qui, en sa qualité de dieu-soleil, passe par les douze signes du zodiaque. Une fois cette remarque faite, nous nous conformerons à l'usage habituel des mythologues, avertissant encore que l'ordre des douze travaux n'est pas le même chez tous, et que le temps du servage d'Hercule est fixé tantôt à douze ans, tantôt à huit ans et un mois.
Confiant dans sa force et dans son courage, Hercule pouvait affronter le mauvais vouloir d'Eurysthée, et sortir triomphant de ses épreuves, grâce au secours que lui donnèrent les dieux. Il reçut de Mercure une épée, d'Apollon des flèches, de Vulcain une cuirasse d'or, de Minerve un manteau, et il coupa lui-même une massue dans la forêt de Némée. On peut remarquer à ce sujet que les traditions présentent l'Hercule combattant sous deux aspects:

  • L'Hercule essentiellement grec porte des armes toutes grecques, des jambières données par Vulcain, une cuirasse d'or, présent de Minerve, l'épée, le carquois, l'arc, les flèches, la lance. Son bouclier est l'œuvre de Vulcain. Il est d'une adresse remarquable à tirer de l'arc, et court les aventures sur un char que conduit Iolas. L'un deses chevaux s'appelle Arion.

  • Une fois la période posthomérique arrivée, l'Hercule naturalisé, c'est-à-dire égyptien de naissance, porte la massue et la peau de lion. Pisandre et Stésichore paraissent être les premiers, parmi les poètes grecs, qui l'aient représenté ainsi. Suivant Apollonius, cette massue, faite d'airain, était un don de Vulcain. Selon d'autres, c'était un tronc d'olivier sauvage. Pausanias ajoute que le héros, ayant un jour appuyée contre la colonne de Mercure Polygios à Trézène, elle prit racine, et reverdit.

Les douze travaux d'Hercule

Voici les travaux qu'Eurysthée imposa à Hercule:

  • Le lion de Némée: le premier ordre qu'Eurysthée donna à Hercule fut de lui apporter la peau du lion de Némée. Il accomplit cette tâche difficile. Mais, à son retour, Eurysthée, effrayé de sa force, lui défendit d'entrer à l'avenir dans la ville, et lui ordonna de montrer seulement devant les portes le résultat de ses travaux.

  • L'hydre de Lerne: le héros parvint à la tuer avec beaucoup de peine. Mais Eurysthée ne voulut point que cette action fût comptée dans ces douze travaux, parce que, pour détruire l'hydre, Hercule avait eu besoin du secours d'Iolas. C'est à partir de cette époque, que ses flèches, trempées dans le sang de l'hydre, jouirent de la dangereuse propriété de faire des blessures incurables.

  • La biche cérynitide: il parvint à l'amener vivante à Mycènes, malgré la rapidité de sa course.

  • Le sanglier d'Érymanthe: Hercule parvint aussi à l'amener vivant. C'est en se rendant dans la Psophide, où ce monstre exerçait ses ravages, qu'Hercule eut à combattre les centaures. Nous parlerons plus loin de ce combat, que nous placerons à la suite des douze travaux, au nombre des travaux secondaires ou Parerga, bien que dans l'origine sa place chronologique fût marquée ici.

  • Les étables d'Augias: d'après l'ordre d'Eurysthée, Hercule dut les nettoyer en un jour, et s'acquitta de cette tâche en détournant l'Alphée et le Pénée. Augias lui refusa son salaire, et le bannit. Le héros se rendit alors à Olène, auprès de Dexamène, dont le centaure Eurytion voulait épouser la fille de force. Ce brutal amant tomba sous les coups d'Hercule, qui épousa la jeune Mnésimaché, et qui se vengea plus tard d'Augias. Eupysthée ne voulut pas compter le curement des étables parmi les douze travaux, sous prétexte qu'Hercule l'avait fait pour un salaire.

  • Les oiseaux stymphalides.

  • Le taureau de Crète: Acusilas dit que ce taureau était celui qui avait amené Europe à Jupiter. Suivant d'autres, Minos ayant promis à Neptune de lui sacrifier ce qui sortirait de la mer, ce dieu en fit sortir ce taureau. Minos, voyant sa beauté, l'envoya dans ses pâturages, et en sacrifia un autre à Neptune. Le dieu, irrité, rendit ce taureau féroce. Hercule se rendit en Crète avec la permission de Minos, dompta le taureau, le mena à Eurysthée, et lui rendit ensuite la liberté. Diodore dit qu'il s'en servit comme de monture, pour traverser le Péloponnèse à la nage. Ce taureau, ayant parcouru le pays de Sparte et toute l'Arcadie, traversa l'Isthme, et se rendit à Marathon dans l'Attique, où il commit de grands ravages.

  • Les juments de Diomède: Hercule, après s'en être emparé, fonda la ville d'Abdère en l'honneur de son ami Abdéros, tué dans le combat contre les Bistoniens. Quelques mythologues placent à cet endroit de la vie d'Hercule la délivrance d'Alceste.

  • Le baudrier de la reine des Amazones: à cette expédition se rattachent le débarquement à Paros, et le voyage en Asie Mineure dont nous parlerons plus loin.

  • Les bœufs de Géryon: parti pour aller à la recherche des bœufs de Géryon, Hercule traversa l'Europe, où il trouva beaucoup de peuples sauvages, et entra dans la Libye. Après avoir passé Tartesse, il planta deux colonnes, en mémoire de son voyage, sur les deux montagnes opposées qui terminent l'Europe et l'Afrique. Le soleil, l'incommodant dans sa route, il tendit son arc contre ce dieu, qui, admirant son courage, lui donna une barque d'or dans laquelle il traversa l'Océan. Arrivé à Erythie, il s'empara, des bœufs qu'il convoitait les mit dans sa barque, et, parvenu à Tartesse, rendit au soleil le présent qu'il en avait reçu. Passant ensuite par le pays d'Abdère, il vint dans la Ligurie, où Alébion et Dercynus, fils de Neptune, voulurent lui enlever ses bœufs. Les ayant tués, il se rendit dans la Tyrrhénie. A Reggio, un taureau se détacha de la troupe, et aborda en Sicile sur les terres d'Éryx, ce qui occasionna la mort de celui-ci. Ayant retrouvé son taureau perdu, Hercule le conduisit avec les autres vers la mer Ionienne. Mais un taon, envoyé par Junon, les dispersa dans les montagnes de la Thrace. Hercule les poursuivit, et en ramena une partie vers l'Hellespont. Les autres restèrent, et devinrent sauvages. Ayant enfin rassemblé ses bœufs avec peine, et le fleuve Strymon, qui était alors navigable, lui ayant donné quelque sujet de plainte, il combla son lit de pierres, et le rendit impraticable. Il amena alors les bœufs à Érysthée, qui les sacrifia à Junon. Tel est le récit d'Apollodore, dont Diodore s'écarte en quelques points. Ce dernier fait aborder Hercule en Crète, puis rassembler une flotte nombreuse pour attaquer Chrysaor, et c'est dans ce même voyage qu'a lieu la mort d'Antée, l'expédition contre Busiris, et la fondation d'Hécatompolis. Suivant le même auteur, Hercule se rendit ensuite en Gaule, y abolit les sacrifices humains, et fonda Alésia. Dans la contrée où Rome s'éleva dans la suite, il reçut un accueil hospitalier de Cacius et de Pinarius. Il prit part au combat des géants dans les champs de Phlégra, combattit Éryx, sacrifia à Syracuse, à Proserpine et à Cérès, etc. Suivant Hygin, dans son différend avec les Ligures il vint à manquer de flèches, et tomba à genoux épuisé de fatigue et couvert de blessures. Jupiter fit tomber alors une pluie de pierres, au moyen desquelles le héros mit ses adversaires en fuite. C'est chez les Aborigènes qu'Hercule tua Cacus. Comme le pense bien, ce ne sont pas là les seules variantes qu'offrent les récits des mythologues, mais il est impossible de les mentionner toutes.

Tous ces travaux furent terminés dans huit ans et un mois. Mais Eurysthée, ne voulant compter à Hercule ni celui des étables d'Augias ni celui de l'Hydre, lui en ordonna encore deux:

  • Les pommes d'or des Hespérides: ces pommes étaient auprès de l'Atlas, dans le pays des Hyperboréens. Junon les avait données en présent à Jupiter lorsqu'elle l'épousa. Hercule rencontra prés du fleuve Echédore, Cycnus, fils de Mars et de Pyrène, qui le défia au combat. Mars voulut prendre la défense de son fils, et combattre le héros, mais la foudre tomba au milieu d'eux et les sépara. Hercule passa ensuite par l'Illyrie, gagna les bords de l'Éridan, et, sur l'avis des nymphes, filles de Jupiter et de Thémis, se rendit auprès de Nérée, qu'il força de lui indiquer la demeure des Hespérides. Il prit ensuite son chemin par la Libye, y fit périr Antée, dont il apporta plus tard les os à Olympie, et, s'étant endormi après sa victoire, fut assailli par les Pygmées. A son réveil, il les enferma tous dans sa peau de lion. La femme d'Antée donna à Hercule un fils qui fut nommé Palémon. De la Libye, le héros passa en Égypte, y tua Busiris ; puis en Arabie, où il fit périr Emathion, que d'autres placent en Éthiopie. Il arriva ensuite, par la Libye, à la mer extérieure, où il trouva sa barque. Il s'y embarqua, et, ayant abordé au continent opposé, il tua à coups de flèche, sur le Caucase, l'aigle né de Typhon et d'Echidna, qui rongeait le foie de Prométhée, et délivra celui-ci, qui obtint l'immortalité. Parvenu enfin dans le pays des Hyperboréens, il s'empara des pommes avec l'aide d'Atlas.

  • La descente aux enfers: Eurysthée ordonna à Hercule, pour le douzième de ses travaux, de lui amener Cerbère. Avant d'entreprendre cette périlleuse aventure, le héros alla trouver Eumolpe à Éleusis, d'autres disent Musæus à Athènes, pour se faire initier. Pylius l'adopta, et il fut admis au nombre des époptes après s'être purifié du meurtre des Centaures. Arrivé à Ténare, dans la Laconie, où est l'entrée des enfers, il y descendit par cette ouverture. Les ombres s'enfuirent toutes lorsqu'elles le virent, à l'exception de celle de Méléagre, qui lui offrit en mariage sa sœur Déjanire, et de celle de Méduse. Il tira l'épée contre la Gorgone, comme si elle eût été vivante. Mais Mercure ou Minerve, dont il était accompagné, l'avertit que ce n'était que son ombre. Près des portes de l'enfer, il trouva Thésée et Pirithoüs, qui lui tendirent la main, comptant sur sa force pour recouvrer leur liberté. Il délivra effectivement Thésée, mais la terre ayant tremblé lorsqu'il voulut saisir Pirithoüs, il le laissa. D'autres traditions disent qu'il les emmena tous deux, ou bien qu'il les laissa dans l'empire des ombres. On ajoute encore qu'en se levant, Thésée et son ami laissèrent une portion de leur chair après les sièges auxquels ils étaient attachés. Hercule leva aussi la pierre sous laquelle Ascalaphe était enfermé. Voulant ensuite faire goûter du sang aux âmes, il égorgea un des bœufs de Pluton. Après avoir vaincu Menœtius à la lutte, il saisit Cerbère, l'emmena avec lui, et remonta sur la terre à Trézène, ou à Coronée, ou à Héraclée. Puis, l'ayant montré à Eurysthée, il le reconduisit aux enfers.

Les travaux secondaires d'Hercule

C'est ici le lieu de parler des Parerga ou travaux secondaires du héros, qui n'ont été subordonnés aux premiers qu'à une époque assez peu reculée:

  • Le combat contre les Centaures: Hercule, se rendant dans la Psophide pour combattre le sanglier d'Érymanthe, traversa le pays de Pholoé, et y fut reçu par le centaure Pholus, qui lui offrit un repas, dont l'odeur attira les Centaures. Ceux-ci se présentèrent à la caverne de Pholus armés de pierres et de sapins. Hercule mit d'abord en fuite Anchius et Agrius. Il poursuivit ensuite les autres à coups de flèche jusqu'à Malée, et blessa par mégarde le bienveillant Chiron. Le reste des Centaures se dispersa de côté et d'autre. Quelques-uns se retirèrent sur le mont Malée. Eurytion se réfugia à Pholoé ; Nessus, vers le fleuve Événus ; et Neptune cacha les autres dans la montagne Éleusine. Cérès établit les petits mystères, pour purifier Hercule de ce massacre.

  • L'expédition à Paros: en se rendant dans le pays des Amazones, Hercule aborda à l'île le Paros, où demeuraient Eurymédon, Chrysès, Néphalion et Philolaüs, fils de Minos, qui firent le périr deux de ses compagnons. Le héros, affligé cette perte, les tua sur-le-champ et emmena prisonniers Alcée et Sthénélus, fils d'Androgée. Il se rendit ensuite en Mysie, où il fut reçu par Lycus, qu'il défendit contre les Bébryces.

Hercule à Troie et à Thasos

En revenant de son expédition contre Hippolyte, Hercule aborda à Troie, où il délivra Hésione, ce qui n'empêcha pas Laomédon de lui refuser son salaire. Hercule le menaça de se venger plus tard, et alla aborder à Ænos, où il fut reçut par Poltys, dont il tua le frère, Sarpédon, à coups de flèche. De là il vint à Thasos, soumit les Thraces qui habitaient cette île, et la donna aux fils d'Androgée. De Thasos, il alla à Toroné, où il tua, à la lutte, Polygone et Télégone, fils de Protée. Il revint insuite à Mycènes.


Le Bouvier de Thermydre

Cet épisode, peu important en lui-mème, se rattache à l'une des faces du caractère du héros. Hercule, ayant tué Busiris, aborda à Thermydre, port de l'île de Rhodes. Il y rencontra un bouvier qui conduisait son char attelé de deux taureaux. Il en détela un, le sacrifia, et le mangea. Le bouvier, furieux, l'accabla d'imprécations, et les Rhodiens gardèrent cette coutume de sacrifier à Hercule en l'accablant d'imprécations. On voit encore Hercule manger un bœuf entier chez Théiodamas, dans le pays des Driopes, et de même chez le roi Coronus. Aussi en garda-t-il le surnom de dévorant (
Sa réputation de buveur n'était pas moindre. Admis à la table de Pholus, il avale d'un trait une coupe tenant trois conges. Il engage aussi avec Léprée une lutte à qui boira le plus, et en sort victorieux. Les anciens avaient symbolisé cette avidité, qui n'a rien de grossier quand on se reporte à la rudesse de la vie héroïque, par l'usage le vider complètement la coupe dans les sacrifices qu'ils offraient à Hercule. Plus tard, les poètes saisirent ce côté faible de la grande figure du fils d'Alcmène, et firent de lui une sorte de Falstaff, comme dans l'Alceste d'Euripide.


L'esclavage d'Hercule

Les douze travaux étant terminés, Hercule revint à Thèbes, et donna Mégare en mariage à Iolas, regardant son union avec la fille de Créon comme désapprouvée par les dieux. Suivant d'autres, Mégare était morte. Elle avait péri de la main d'Hercule, ainsi que ses enfants, dont Tzetzès place la mort à l'époque seulement où le héros revint des enfers. Voulant ensuite se remarier, il apprit qu'Eurytus, roi d'Œchalie, avait proposé la main d'Iole, sa fille, à celui qui le vaincrait, lui et ses fils, au combat de l'arc. Il se présenta, et remporta la victoire. Mais le monarque lui refusa sa fille, selon Apollodore. Une autre tradition dit qu'il était déjà marié à Déjanire lorsqu'il rechercha Iole.
Quelque temps après, Eurytus, réclamant à Hercule des bœufs volés par Autolycus, ou des juments, envoya auprès de lui son fils Iphitus, qui le trouva à Pharès, comme il venait d'arracher Alceste à la mort. Tous deux se mirent en route pour chercher les bestiaux volés. Mais le héros, saisi d'un accès de fureur, précipita son compagnon du haut des murs de Tirynthe. Il erra ensuite quelque temps sans trouver personne qui voulût le purifier. Déiphobe, fils d'Hippolyte, lui rendit enfin ce service à Amylée. Il n'en fut pas moins attaqué d'une maladie très grave, en punition de son crime, et alla consulter l'oracle de Delphes pour savoir comment il guérirait. La pythie Xénoclée ayant refusé de lui répondre, il emporta le trépied, et se fit un oracle particulier. Apollon en vint alors aux mains avec lui. Mais Jupiter, lançant la foudre au milieu d'eux, les sépara. L'oracle se prononça enfin, et dit à Hercule que sa maladie cesserait lorsqu'après avoir été vendu comme esclave, et avoir donné à Eurytus le produit de cette vente, en indemnité de son fils, il aurait servi trois ans entiers. D'après cet oracle, Mercure le vendit trois talents à Omphale, reine de Lydie. Sophocle dit que le héros fut vendu, non pas d'après un oracle, mais d'après l'oracle de Jupiter, et que le temps de son esclavage ne dura qu'un an. Quoi qu'il en soit, cette période de sa vie ne le vit pas inactif. C'est seulement par suite d'une confusion entre l'Hercule grec et le Sandon lydien, qu'on représente le héros, amolli par les plaisirs de l'amour, filant la laine, et revêtu de la longue sandyx. Il eut d'une esclave d'Omphale, Cléolas, et de sa maîtresse elle-même, Lamus ou Tyrrhenus ou Agelaus. Il est bon de remarquer que tout ceci ne repose que sur des traditions peu anciennes, rapportées par Apollodore et Apollonius.
Ce fut pendant son esclavage qu'Hercule prit et enchaîna les Cercopes. Sylée, à Aulis, forçait les passants à travailler à la terre. Le héros déracina sa vigne, et le tua avec sa fille Xénodicé. D'autres font résider Sylée sur le Pélion en Thessalie, et disent que son frère Dicæos donna sa fille en mariage au héros. La jeune épouse mourut bientôt, et le désespoir d'Hercule fut tel, qu'il se serait jeté dans les flammes du bûcher, si les assistants ne l'avaient retenu. Ayant abordé à l'île Doliché, il y trouva le corps d'Icare, l'ensevelit, et donna le nom d'Icaria à l'île. Dédale, reconnaissant, lui érigea une statue à Pise. Hercule, ayant passé durant la nuit auprès de cette statue, ne la reconnut pas, et lui jeta une pierre, croyant que c'était un corps animé. Les Itones dépouillaient les voyageurs. Hercule les battit, et ruina leur ville. Un serpent dévastateur qu'il tua sur les bords du Sangaris le fit placer par Jupiter, sous le nom de Serpentaire, au nombre des constellations. Lytierse, fils de Midas, qui massacrait ses hôtes, périt aussi sous les coups d'Hercule, auquel son esclavage n'avait nullement enlevé ses instincts généreux.
Suivant Apollodore, qui le nomme cependant parmi les Argonautes, Hercule ne prit aucune part à l'expédition de Colchide. D'autres traditions recueillies par le scoliaste d'Apollonius lui font jouer un rôle important dans ce mythe mémorable:

  • Hercule bâtit le vaisseau Argo sur l'Ossa, et l'appela Argo, du nom d'Argos, fils de Jason, qu'il aimait.
  • Les Argonautes choisirent Hercule pour chef, mais celui-ci déclina cet honneur, sachant bien que Junon le destinait à Jason.
  • Hercule fut chef de l'expédition, et les Argonautes l'aidèrent à triompher des Amazones.
  • Hercule fut déposé à terre par les Argonautes, parce qu'il avait brisé le gouvernail, ou parce que son poids menaçait de faire submerger le vaisseau. D'autres traditions disent que le vaisseau s'éloigna pendant que le héros était descendu pour chercher Hylas.
  • Délaissé par les Argonautes, Hercule gagna la Colchide par l'intérieur.

Les autres expéditions d'Hercule

Son esclavage fini, et sa maladie ayant cessé, Hercule entreprit une expédition contre Troie avec dix-huit vaisseaux à cinquante rames, ou six vaisseaux seulement, et une armée de héros qui le suivirent volontairement. Après avoir pris terre, il laissa la garde des vaisseaux à Oiclée, et marcha contre la ville. Laomédon, qui avait tenté une attaque contre la flotte, et tué Oiclée, qu'une autre tradition fait mourir à Mégalopolis, n'en dut pas moins se retirer dans Troie. Le siège ayant duré quelque temps, Télamon ouvrit une brèche dans le rempart, et s'élança le premier, ce qui lui occasionna un différent avec le héros. Diodore dit qu'il avait été envoyé en parlementaire avec Iphiclus auprès de Laomédon, et que jetés en prison, ces deux héros se frayèrent un chemin hors de la ville à grands coups d'épée. Maître de la ville, Hercule fit périr à coups de flèche le roi et ses fils, excepté Podarque, et donna Hésiode en mariage à Télamon.
A son retour de cette expédition, il fut assailli par une violente tempête excitée par Junon, et voulut débarquer à Cos, dont les habitants l'assaillirent à coups de pierre. Il se vengea en s'emparant de l'île et en tuant Eurypyle, de la fille duquel il eut Thessalus. Il fut blessé dans le combat, mais Jupiter le guérit. Après avoir ravagé Cos, il alla, sur l'invitation de Minerve, à Phlégra, et y combattit avec les dieux contre les géants. Aidé des Molionides, il dépouilla Augias de ses États. Au retour, il institua les jeux olympiques, éleva un autel à Pélops, et douze autels aux douze dieux. Son premier exploit fut ensuite la prise de Pylos. Dans ce lieu, Pcriclymènes, Nélée et ses fils, tombèrent sous ses coups. Il blessa même Pluton, qui était venu au secours des Pyliens. De Pylos il marcha contre Lacédémone, pour se venger du fils d'Hippocoon, est s'adjoignit Céphée et ses vingt fils, qui périrent tous en combattant. Ayant tué Hippocoon est ses enfants, Hercule prit la ville, et y ramena Tyndare, à qui il rendit la couronne. Il passa ensuite par Tégée, où il eut Télèphe d'Augé. Puis il se rendit à Calydon, et y demanda en mariage Déjanire, fille d'Œnée, qu'Achéloüs lui disputa en vain. Les Calydoniens marchèrent ensuite avec lui contre les Thesprotes. Ayant pris Éphyre, dont Phylas ou Phyleus était roi, il eut Tlépolème de la fille de ce prince, qu'on nomme Astyoché. Astydamie, Astygénie, ou Antigone. Thespius reçut de lui l'ordre de garder sept de ses fils, d'en envoyer trois à Thèbes, et les quatre autres en Sardaigne. Coupable du meurtre d'Eunomus, Hercule se soumit à l'exil, et résolut de se retirer à Trachine, chez Céyx. Ce fut en s'y rendant que Dejanire eut à supporter l'insolence du centaure Nessus, qui se vengea du héros par le don du philtre fatal.
Son séjour en Trachine ne le laissa pas oisif. Il s'empara du pays des Dryopes, protégea Ægtmius, que les Lapithes avaient détrôné, et ayant rendu la couronne à ce prince, tua Laogoras, roi des Dryopes, et tous ses fils, pour les punir d'avoir donné du secours aux Lapithes. A son passage à Itone, il fut provoqué à un combat singulier par Cycnus, fils de Mars et de Pélopie, et donna la mort à son audacieux rival, qui, suivant Stésichore, égorgeait les voyageurs pour élever un temple à Mars avec leurs crânes. Hercule se rendit ensuite à Orménium. Amyntor, qui en était roi, ayant voulu s'opposer à son passage, périt aussi. Diodore rapporte qu'Amyntor fut tué par le héros pour lui avoir refusé sa fille Astydamie. Suivant Diodore et Apollodore, Hercule, revenu, à Trachine, et voulant se venger d'Eurytus, rassembla une armée pour marcher contre Œchalie, que les uns placent en Eubé, et d'autres en Thessalie. Les Arcadiens, les Méliens de Trachine, et les Locriens Épirnémidiens, l'assistèrent dans cette expédition. Avec leur secours, il tua Eurytus, et ses fils Toxeus, Molion et Pytius, et s'empara de leur ville. Après avoir donné la sépulture à Hippasus, fils de Céyx, à Argius et à Mélas, qui avaient péri en combattant, il mit la ville au pillage, et emmena Iole captive. La tradition rapportée par Sophocle diffère beaucoup de celle-ci: Hercule est absent de Trachis depuis quinze mois, sans que Déjanire connaisse le lieu de son séjour. Le héros servait alors la reine Omphale, et part directement de la Lydie pour assiéger Œchalie, dont il se rend maître.


L'introduction d'Hercule dans l'Olympe

Ayant abordé au cap Cénée en Eubée, Hercule y éleva un autel à Jupiter Cénéen. Voulant offrir un sacrifice, il envoya un héraut à Trachine lui chercher une robe de fête. Déjanire, apprenant de Lichas que Iole était captive, et redoutant l'influence de cette jeune fille sur son époux, frotta le vêtement avec le philtre qu'elle avait reçu de Nessus. Hercule s'en étant revêtu offrit son sacrifice. Mais lorsque la robe se fût échauffée, le venin de l'hydre pénétra la chair, et la fit tomber en pourriture. Hercule, alors, ayant saisi Lichas par les pieds, le lança dans la mer. Il voulut arracher la tunique qui tenait à son corps, et les chairs se détachèrent avec l'étoffe. Il se fit alors porter à Trachine. Déjanire se tua en apprenant ce qui s'était passé.
Hercule ordonna à Hyllus d'épouser Iole lorsqu'elle serait nubile. Parvenu sur l'Œta, il y fit élever un bûcher, et ordonna d'y mettre le feu lorsqu'il y serait monté, obéissant ainsi à l'ordre de l'oracle auquel il s'était adressé dans ses souffrances. Personne ne voulait enflammer le bûcher. Pæas, qui était venu là pour chercher ses troupeaux, s'y décida, et reçut les fameuses flèches du héros pour récompense. D'autres disent que ce fut Morsimus de Trachine qui remplit cette triste fonction. Tandis que le bûcher brûlait, le fleuve Dyras sortit de terre pour apporter quelque soulagement ans souffrances du héros, qui fut enveloppé d'un nuage, et transporté au ciel au milieu de grands éclats de tonnerre. Ce furent Minerve ou Jupiter lui-même qui l'introduisirent dans l'Olympe. Il y reçut l'immortalité, et s'y réconcilia avec Junon, qui lui donna en mariage Hébé, sa fille, dont il eut deux fils: Alexiarès et Anicétos.
Une tradition rapportée par Eustathe, et suivant laquelle Hercule, soumis à la loi de la mortalité, avant son apothéose, aurait été rappelé à la vie en flairant une caille présentée par Iolas, est purement tyrienne, et se rapporte à l'Hercule que Cicéron fait fils de Jupiter et d'Astérie.


Le culte d'Hercule en Grèce

Suivant Diodore, Iolas et d'autres amis d'Hercule qui se trouvèrent auprès de lui à l'heure de la mort, lui offrirent sur son bûcher le premier sacrifice funèbre. Menœtius, fils d'Actor, suivit leur exemple dans la suite, et institua à Oponte un sacrifice annuel en l'honneur du héros, auquel on immolait un taureau, un sanglier et un bélier. La même cérémonie avait lieu à Thèbes. Suivant Pausanias, ce furent les Marathoniens, d'autres disent les Athéniens ou les Sicyoniens, qui rendirent les premiers au fils d'Alcmène les honneurs divins, et tous les États helléniques les eurent bientôt imités.
En différents lieux, on l'honorait par de doubles sacrifices, comme dieu et comme héros. Ses fêtes étaient d'ailleurs solennisées, non-seulement par des cérémonies purement religieuses, mais aussi par des jeux, tels que les Héraclées à Marathon et à Thèbes. A Sicyone, le premier jour de la fête du héros s'appelait Onomata ; le second, Héracléia. A Thèbes, la cérémonie commençait le soir, et durait toute la nuit. Le lendemain on procédait aux jeux, dont le prix était une couronne de myrte. A Lindus, dans l'île de Rhodes, des exécrations solennelles faisaient partie du cérémonial. A Cos, la fête d'Hercule, appelée Antimachia, était présidée par un prêtre revêtu de vêtements de femme. Il faut sans doute voir là quelques traits d'un culte asiatique ou lydien. Du reste, les Héraclées étaient souvent accompagnées de farces et de plaisanteries. Ainsi l'Héracléum d'Athènes réunissait soixante personnes dont la conversation n'était qu'un feu roulant de pointes et de bons mots.
Le culte d'Hercule était, après ceux de Jupiter et d'Apollon, le plus répandu dans toute la Grèce, et particulièrement dans la Doride et le Péloponnèse.


Le culte d'Hercule en Italie et dans le reste de l'occident

Suivant Denys d'Halicarnasse, Hercule avait des temples et des autels dans toute l'Italie. Il ne faudrait pas croire cependant que le culte du héros, tel qu'il était compris et pratiqué par les peuples italiques, fût entièrement conforme au culte grec. Il s'était nécessairement altéré, soit par le contact avec les traditions indigènes se rapportant à des héros presque identiques, soit par le mélange des légendes phéniciennes et asiatiques qui surchargèrent bientôt la biographie du dieu grec.
Parmi les traits particuliers du culte d'Hercule à Rome, figure l'usage de lui consacrer la dixième partie de ses biens, comme le firent Lucullus, Sylla et Crassus. Cette coutume provenait sans doute du culte de l'Hercule tyrien, auquel on offrait une dîme. C'est aussi à Rome seulement qu'Hercule apparaît comme Musagète. On ne sait pas bien la raison de cette dénomination. Quoiqu'il en soit, Marcius Philippus lui éleva, sous Auguste, un temple magnifique, où il était représenté tenant une lyre. Toutes les parties de la ville possédaient des monuments semblables, ou il était adoré sous son nom propre ou sous quelques dénominations particulière. Ainsi, Hercule vainqueur avait deux temples: l'un situé près de la porte Trigemina, et l'autre sur le forum Boarium. Son fameux autel, ara maxima, fut desservi, dans l'origine, par la famille des Politiens, puis par des esclaves publics, assistés des Pinariens, et enfin par le prêteur de la ville. Les serments qu'on faisait sur l'ara maxima étaient regardés comme doublement sacrés. La fête d'Hercule se célébrait, à Rome, le 4 juin ; celle de Sancus-Hercule et de Cérès, le 21 décembre ; et celle d'Hercule et des muses, le dernier jour de juin. On ne devait laisser s'introduire au milieu des cortèges sacrés, ni les femmes, ni les esclaves, ni les chiens.
Le culte d'Hercule florissait encore en Sicile, à Malte, en Corse, en Sardaigne, à Cadix, et même en Gaule et en Germanie, où des héros indigènes furent identifiés bien à tort avec le dieu-homme fils d'Alcmène.


Les représentations d'Hercule

L'art plastique a fait d'Hercule l'objet de ses créations les plus riches et les plus variées. Il a presque épuisé ce sujet, et, franchissant les limites que la ce tradition lui avait posées, il a laissé à la postérité plus de monuments de ce héros que d'aucun autre personnage antique.
Le caractère général des statues d'Hercule exprime une force mâle et presque surhumaine, qui apparaît également dans l'enfance du fils l'Alcmène et dans sa pleine maturité. Celles lui se trouvent à la galerie de Florence, et qui ont subi des restaurations, le représentent tout enfant, étouffant les serpents envoyés par Junon. Ses membres sont vigoureux, ses cheveux courts et bouclés, son cou musculeux et court. Ses traits expriment la témérité. Enfin, tout en lui annonce le héros destiné à soutenir avec honneur les luttes les plus pénibles. On a aussi une statue d'Hercule adolescent, connue sous le nom de l'Hercule Aventin, et reproduite dans le musée Capitolin. Mais le plus grand nombre des œuvres d'art relatives à Hercule nous le peignent dans la maturité de l'âge et dans le plein développement de ses forces physiques. Il est ordinairement vêtu d'une peau de lion. Ses armes sont la massue et un arc scythe à double courbure. La tête et les yeux, comparés au reste du corps, sont petits, les cheveux épais et crépus, le cou épais, court et musculeux, la partie inférieure du front saillante. L'expression de la figure est grave et sérieuse. Les épaules, les bras, la poitrine, les cuisses, trahissent une vigueur surhumaine, et décèlent les pénibles travaux du héros.
On a de Glycon un Hercule en repos, connu sous le nom d'Hercule Farnèse. Il tient derrière son dos les pommes des Hespérides, et s'appuie sur sa massue. Cette belle statue est l'œuvre de Glycon, mais l'idée première en appartient à Lysippe. Le celèbre torse du Belvédère représente aussi un Hercule en repos. Mais ici ses formes n'expriment pas cette prostration qui suit de pénibles travaux, mais bien une béatitude complète, un repos heureux et calme, partage des dieux qui habitent l'Olympe. Les vases offrent fréquemment l'apothéose d'Hercule. On le voit rajeuni, le front ceint d'une auréole, et, accompagné de Minerve ou de Mercure, s'élever vers les cieux.
Il existe encore un grand nombre de monuments et de peintures représentant les douze travaux, divers épisodes de sa vie, et des scènes comiques avec les Cécropes, les Satyres et d'autres divinités champêtres.


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