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Le mythe de Kiempé



Des héros scandinaves

Kiempé signifie champions. C'est le nom scandinave des héros qui, suivant la croyance des Norses, vécurent dans les temps héroïques. Avides de gloire et de dangers, ils combattirent fréquemment les sorcières, les furies et les démons, pour les forcer à leur livrer les armes ou les autres trésors qu'ils gardaient dans les tombes. Ainsi que les héros grecs, ils ne craignaient pas de lutter avec les dieux eux-mêmes. Ainsi Hother combattit le dieu Thor dans une bataille, comme Diomède combat Mars dans l'Iliade, et avec le même succès.
Après l'introduction du christianisme dans les contrées du Nord, les traditions populaires conservèrent à leurs héros ce même caractère farouche. « Apprends, dit Kiartan à Olaüs Trigguasen, que je ne crois ni aux idoles ni aux démons. J'ai voyagé dans divers pays étrangers, j'ai combattu bien des géants et des monstres, et jamais aucun d'eux ne m'a vaincu. Je mets donc ma seule confiance dans ma force de corps et dans mon courage d'âme. » Gaukater fit une autre réponse encore plus forte à saint Olaüs, roi de Norvège: « Je ne suis ni païen ni chrétien. Mes camarades et moi nous ne professons d'autre religion qu'une confiance entière en notre force, qui nous rend invincibles dans les combats. »


Le caveau des frères d'armes

La mort même n'arrêtait pas cette soif des combats qui dévorait les Kiempé, et une fiction rapportée par Saxon le Grammairien nous a transmis la légende, profondément originale de deux chevaliers, Asmund et Assueit. Liés par la fraternité d'armes, ils s'étaient promis l'un à l'autre que chacun d'eux ne survivrait pas à son frère mort. Assueit ayant été tué dans une bataille. Asmund se fit descendre à son côté dans le caveau fatal, et l'on roula la pierre sur l'ouverture.
Un siècle après, un aventurier, passant en ce lieu, fit ouvrir le sépulcre des deux frères d'armes. Mais à peine avait-on levé la pierre, qu'on entendit des cris horribles, un cliquetis d'épées, et tout le bruit d'un combat entre deux ennemis furieux. Un guerrier descendit au moyen de cordes dans le sépulcre. A leur grand étonnement, les spectateurs virent remonter à sa place, Asmund, couvert de blessures, qui, dès qu'il eut revu la lumière, se mit, avec ce talent poétique d'improvisation que ces champions unissaient souvent à la force du corps et à une valeur héroïque, à raconter l'histoire de sa lutte avec le mort.


Le combat des des deux héros dans le caveau

Il paraît qu'aussitôt que l'entrée du sépulcre fut fermée le corps du défunt, Assueit se releva de terre, animé par quelque goule affamée, et, ayant d'abord mis en pièces et dévoré les chevaux qui avaient été placés dans le caveau avec eux, il se jeta sur le compagnon qui venait de lui donner une telle preuve de dévouement et d'amitié, pour le traiter de la même manière. Le héros sans se laisser déconcerter par les horreurs de sa situation, eut recours à ses armes, et se défendit vigoureusement contre Assueit, ou plutôt contre le mauvais démon qui en occupait le corps.
Le champion survivant soutint un combat surnaturel, qui dura tout un siècle. Mais Asmund, remportant enfin la victoire, renversa son ennemi, et en lui enfonçant, comme il s'en vanta, un pieu au travers du corps. Il le réduisit à l'état de tranquillité qui convient à un habitant du tombeau. Après avoir chanté d'un ton de triomphe la relation de son combat et de sa victoire, le vainqueur, mutilé, tomba mort devant ses auditeurs. Le corps d'Assueit fut retiré du caveau. On le brûla, et les cendres en furent jetées au vent, tandis que celui du vainqueur qui venait d'expirer, et maintenant sans compagnon, fut replacé dans la tombe.


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