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Le mythe de Perphères (ou Perphéroi)



Des ministres secondaires

Les Perphères sont des ministres secondaires qui vinrent du pays des Hyperboréens à Délos, sous la conduite des vierges Laodice et Hypéroché, pour offrir à Apollon et à Diane de la laine et des gâteaux. De là, leurs surnoms d'Amallophores et d'Oulophores. Antérieurement aux Perphères, l'île sainte avait noué des communications avec l'Hyperborée.
C'est ici le lieu de donner l'historique de ces relations, qui, sous la forme de migrations individuelles ou collectives, retracent diverses phases du culte apollinique.


Le voyage d'Abaris

Le premier qui, suivant les légendes en vogue à Délos, quitta la Scythie (hyperboréenne) pour parcourir la Grèce, fut Abaris. Ayant chanté le voyage d'Apollon dans sa patrie, il fut fait grand prêtre de ce dieu, et reçut de lui, outre l'esprit de divination et la faculté de vivre sans manger, une flèche d'or, sur laquelle il traversait les airs. L'Attique, visitée par lui, lui dut un palladium, fabriqué avec les os de Pélops. A Lacédémone, il fonda le temple de Proserpine (Coré Sotéira). En Thrace, il assista aux noces de l'Èbre.
Les néo-platoniciens parlent de lui comme d'un thaumaturge qui apaisait les orages, faisait cesser les pestes et les famines, et, en même temps, enseignait à la foule des mystères religieux, et composait des hymnes en l'honneur des dieux. Dans les premiers siècles du christianisme, un assez grand nombre de compositions apocryphes portaient son nom.


Le voyage d'Argé et d'Opis

Après Abaris, le premier témoignage d'une nouvelle communication entre l'Hyperborée et l'île sainte, est la tradition relative au voyage d'Argé et d'Opis. Ces deux vierges vinrent à Délos, en compagnie des dieux mêmes, apporter à Ilithyie le tribut qu'elles étaient chargées d'offrir pour le prompt et heureux accouchement des femmes de leur pays.
Les Déliens rendirent à ces vierges des honneurs funèbres. Ils brûlaient les cuisses des victimes sur leurs tombeaux, et chantaient en leur honneur un hymne composé par Olen. De Délos, cet usage passa dans l'Ionie.


Le voyage d'Hypéroché et de Laodice

Plus tard, mais dans le même siècle, deux autres vierges hyperboréennes, Hypéroché et Laodice, vinrent apporter des offrandes à Délos, en compagnie des cinq Perphères. Leurs compatriotes les attendirent longtemps. Regardant comme une chose très fâcheuse s'il leur arrivait de ne jamais revoir leurs députés, ils prirent le parti de porter sur leurs frontières leurs offrandes, enveloppées dans de la paille de froment. Ils les remettaient ensuite à leurs voisins, les priant de les accompagner jusqu'à une autre nation. Ces offrandes, disait-on, passaient d'abord chez les Scythes. Transmises ensuite de peuple en peuple, elles étaient portées le plus loin possible vers l'occident, jusqu'à la mer Adriatique. De là, on les envoyait du côté du midi. Les Dodonéens étaient les premiers Grecs qui les recevaient. Elles descendaient de Dodone jusqu'au golfe Maliaque, d'où elles passaient en Eubée, et, de ville en ville, jusqu'à Caryste. Les Carystiens les faisaient passer à Ténos, et, de ce dernier lieu, elles atteignaient enfin leur destination définitive.
Du temps d'Hérodote, ce singulier mode de transport n'existait plus qu'à l'état de tradition, mais les Déliens rendaient encore de grands honneurs à Hypéroché et à Laodice. Les jeunes hommes et les jeunes filles leur consacraient leurs cheveux, au moment des noces, et les déposaient sur leur tombeau, où l'on voyait un olivier qui avait cru spontanément.
On se rappelle que, selon Pindare, Hercule avait apporté cet arbre de l'Hyperborée.


Une légende similaire

Une tradition rapportée par Pausanias paraît n'être qu'une flexion de celle-ci. Dans cet auteur, au lieu de deux vierges, ce sont deux héros hyperboréens, Hypérochus et Laodicus, qui, assistés d'un troisième individu, Pyrrhus, se sont rendus à Delphes, et non à Délos. Ils aidèrent les Delphiens à se défendre contre les Gaulois.
La même légende semble se retrouver dans un passage d'Hérodote, mais avec des divergences considérables. Les protecteurs du temple d'Apollon sont deux héros delphiens: Phylacus et Autonoüs, devant lesquels les Perses prennent la fuite, pendant que le dieu signale sa puissance par des prodiges effrayants.


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