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Le mythe de Sphinx



Un monstre fabuleux

Le Sphinx est un monstre fabuleux, qui appartient proprement à la mythologie égyptienne, et n'a été introduit dans le mythe d'Œdipe que postérieurement à Homère.


L'origine du Sphinx

Suivant les Grecs, le Sphinx était né de Typhon et d'Échidna. Ce fut Junon qui l'envoya contre les Thébains du fond de l'Ethiopie, pour venger le rapt de Chrysippe, enlevée par Laïus, dont le crime était demeuré impuni. On le suppose encore envoyé par Bacchus, par Pluton, par Mars, irrité de la mort du dragon tué par Cadmus. On a substitué quelquefois à Échidna la Chimère, et Hésiode, qui nous a transmis sans doute la tradition la plus ancienne, fait naître le Sphinx, dans le pays des Arimes, de cette dernière et d'Orthos.
D'après un scoliaste d'Euripide, le Sphinx (mot féminin en grec) serait une des femmes qui furent frappées d'un délire furieux en même temps que la fille de Cadmus. Après sa folie, elle aurait subi cette étrange métamorphose. Nous ne parlons pas ici de l'opinion de Pausanias, lequel voit dans ce monstre, évidemment égyptien, une fille naturelle de Laïus, qui s'était emparée du pouvoir à Thèbes. On sent que cette explication, aussi peu naturelle que les généalogies qui précèdent, est due aux esprits curieux et précis des derniers âges qui s'efforçaient de relier le Sphinx à l'ensemble de la mythologie grecque. Pour l'y attacher plus étroitement, ils prétendaient que les Muses elles-mêmes avaient pris soin d'instruire cet animal difforme, et que Laïus lui avait révélé les oracles sacrés recueillis à Delphes par Cadmus. De là ses surnoms de Sophé (sage), de Poikilodos (qui rend des oracles obscurs), de rhapsodos (rhapsode).
En Béotie, on connaissait un mode de chant particulier, attribué au Sphinx, et nommé Alyros.


Le Sphinx dans le mythe d'Œdipe

Le Sphinx apparut sur le mont Sphingius ou Phicius (c'est-a-dire du Sphinx), aux environs de Thèbes, peu de temps après qu'Œdipe eut tué son père. Interceptant la route qui conduisait dans la capitale de la Béotie, il proposait des énigmes aux passants, et dévorait ceux auxquels leur esprit obtus ne permettait pas de deviner le sens de ses gryphes. Hémon, fils de Créon, et Hippius, fils d'Eurynome, périrent de la sorte, ainsi que beaucoup d'autres infortunés. Les Thébains, ayant promis la main de Jocaste et le pouvoir souverain à celui qui les délivrerait de ce fléau, Œdipe se présenta:
« — Quel est, lui dit le Sphinx, l'animal qui a quatre pieds le matin, deux à midi, et trois le soir?
— C'est l'homme, répondit Œdipe: dans son enfance il se traîne sur les pieds et les mains, et dans sa vieillesse il s'appuie sur un bâton. »
Alors, et conformément à la décision de l'oracle, le Sphinx se jeta dans les flots. On ne saurait fixer l'époque de l'introduction de ce mythe étranger dans la fable grecque. Il est certainement postérieur à Homère.
Du temps de ce poète, les traditions relatives à Œdipe n'avaient pas encore acquis l'importance qu'elles eurent plus tard dans les compositions des tragiques, et l'Iliade, ainsi que l'Odyssée, ne font aucune mention du Sphinx, création égyptienne importée en Grèce, sans doute par suite d'une confusion entre les deux villes de Thèbes. L'art égyptien a toujours représenté cet animal fabuleux sous la forme d'un lion (sans ailes) couché, ayant la tête et le buste d'un homme. On trouve, du reste, dans les monuments de ce pays, des Sphinx de plusieurs modèles.
Hérodote les désigne par l'épithète d'Androsphinges, pour les distinguer des Criosphinges ou Sphinx à têtes de bélier et à corps de lion, qu'on rencontrait en assez grand nombre en Egypte. Parmi les premiers, qu'on plaçait devant les temples sur deux lignes parallèles, le plus remarquable par ses énormes dimensions, est celui de Giséh, taillé tout entier, aux pattes près, dans un roc gigantesque.


Les représentations du Sphinx

Les grecs ne se conformèrent pas rigoureusement à l'idéal tracé par l'art égyptien. Pour eux, le Sphinx fut une jeune fille à corps de lion, munie d'ailes et tantôt couchée, tantôt représentée dans diverses autres positions. Du reste, les poètes et les sculpteurs se donnèrent pleine latitude pour varier les éléments principaux et secondaires dont se composait ce bizarre assemblage. Ainsi, le Sphinx a souvent la figure d'une vierge, la poitrine et les griffes d'un lion, la queue d'un serpent et des ailes ; ou bien une tête de lion, un corps d'homme, des griffes de vautour et des ailes d'aigle. On le trouve encore figuré avec un corps de chien.
Des bas-reliefs, des bronzes où il apparaît comme ornement, quelques médailles, entre autres celles de Chio, offrent de nombreuses représentations du Sphinx.


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