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Le mythe de Vents (ou Anémoi ou Venti)



La personnification des vents

Les vents sont déjà personnifiés dans Homère, qui, tout en les symbolisant, les représente en même temps comme des phénomènes naturels, ainsi qu'il le fait, par exemple, à propos du Xanthe, auquel il donne, dans l'entretien de ce fleuve avec Achille, l'épithète de fleuve aux vastes abîmes. L'Iliade et l'Odyssée s'accordent à ne mentionner, du moins nominalement, que quatre vents: Borée, vent du nord, Zéphyre, vent du sud, Eurus, vent de l'est, Notus, vent de l'ouest, et les accolent presque toujours par paires, unissant le premier au second, et le troisième au dernier.
Bien que ces vents puissent être favorables dans une circonstance particulière et principalement par une impulsion étrangère, leur nature est en général malfaisante. Ainsi Homère se plait à les dépeindre faisant crever les nuages d'où tombent la pluie et la grêle, bouleversant la mer et soulevant des montagnes de flots. Le Zéphyre, surtout, n'a jamais, de son propre mouvement, dans les deux poèmes homériques, ce caractère bienfaisant qui lui a été attribué plus tard. Compagnon de l'orageux Borée, il aime, comme lui, à troubler les airs et est presque toujours désigné par l'épithète d'impétueux. Il en résulte qu'on ne sait pas bien si, par ce complétif: et les autres vents orageux, ajouté usuellement au nom de Borée dans Homère, il faut entendre les trois vents désignés nominativement, ou d'autres vents indéterminés. Un passage de l'Odyssée semble ne pas laisser place à cette dernière opinion: « les vents emportent le radeau de tous côtés. Tantôt le vent du midi le laisse à l'Aquilon, et tantôt le vent d'orient le cède au Zéphyre. »


Des divinités subalternes

Ces divinités sont d'ailleurs tout à fait subalternes. Jupiter et les autres dieux les calment à leur gré et même, dans l'Odyssée, Circé et Calypso exercent sur eux leur influence. Ces données sont communes à l'Iliade et à l'Odyssée. Mais les deux poèmes ne s'accordent pas, quant au séjour des vents. Le premier les fait résider en Thrace, ou, du moins, dans cette latitude: Iris, se rendant auprès d'eux, pour complaire à Achille, traverse la mer de Thrace et les trouve assis à un festin dans les antres spacieux de Zéphyre. A sa prière, Borée et Zéphyre viennent embraser le bûcher de Patrocle et retournent dans leur demeure, en franchissant l'Hellespont. Dans un autre passage de l'Iliade, il est dit que ces mêmes vents soufflent de la Thrace.
L'Odyssée, tout en se conformant en certains lieux aux données que nous avons exposées plus haut, précise ces notions vagues, et, par une contradiction singulière, soumet les vents au pouvoir d'un roi. Suivant ce poème, ils résidaient dans l'île d'Éolie, sous la domination d'Éole, fils d'Hippotas, qui n'a rien de divin, mais qui, aimé de Jupiter, reçut de lui la garde des vents, en sorte qu'il est maître de les retenir ou de les lâcher comme il lui plaît. L'île d'Éolie, ceinte toute autour d'une forte muraille d'airain, dit Homère, et bordée en dehors de roches escarpées, est sans doute identique avec celle de Proconnèse, ou se trouvait auprès, dans la pensée du poète.
Du reste, cette souveraineté d'Éole sur les vents n'a aucune valeur, suivant Homère lui-même. Il n'exerce qu'une fois son pouvoir dans tout le poème, à chaque page duquel on voit Jupiter, Neptune, Minerve, et même Circé et Calypso, envoyer des vents favorables ou les déchaîner contre les vaisseaux d'Ulysse. De plus, les vents n'ont presque plus de caractère spontané, et figurent rarement comme phénomènes naturels.
En ajoutant à ces données, que Zéphyre fut père de Balius et de Xanthe, qu'Éole rendit fécondes les cavales d'Érichthonius, ou aura l'ensemble des traditions homériques sur les vents.


L'origine des Vents

Postérieurement, on précisa de plus en plus l'être des vents. Dans Hésiode, ils sont nés d'Astrée et d'Éos ou de Typhon. Les premiers sont les vents favorables: Notus, Borée, Argestès et Zéphyre. Typhée, vent funeste, est du nombre des derniers. Leur séjour est en Thrace. De là la tradition qui faisait de Borée un fils du Strymon. Postérieurement encore on les plaça dans les îles Lipari. Leur nombre s'agrandit d'ailleurs considérablement de très bonne heure. Dans les Orphiqnes, les vents sont fils de Rhée.


Le culte et les représentations des Vents

On sacrifiait aux vents funestes des agneaux noirs, aux autres des agneaux blancs. Borée avait un temple sur les bords de l'Ilyssus ; Zéphyre, un autel sur la voie sacrée d'Athènes à Eleusis. Entre Titane et Sicyone, il y avait un autel consacré aux vents, où le prêtre leur offrait, chaque année, un sacrifice pendant la nuit.
Les poètes et les artistes de l'antiquité ont représenté les vents de diverses manières. Homère leur donne la forme humaine. L'art les figure comme des génies ayant des ailes à la tête et aux épaules. Sur le coffre de Cypsélus, Borée, enlevant Orithyie, était représenté avec des serpents en guise de jambes.
Le monument le plus remarquable qui nous offre une représentation des vents est la tour octogone d'Andronicus Cyrrhestès, à Athènes. Chacun de ses fronts supporte un des vents principaux, qui sont orientés d'après la contrée céleste d'ou ils soufflent. Un triton mobile placé au sommet de l'édifice remplissait l'office de girouette. Ces huit figures vêtues et ailées sont les suivantes: au nord, Borée, qui a pour attribut une conque ; au nord-est, Cæcias, avec un disque d'où tombe la grêle ; à l'est, Aphéliotès, tenant des fruits et du miel ; au sud-est, Eurus couvert d'un large manteau ; au sud, Notus, épanchant l'eau d'un vase ; au sud-ouest Lips, avec un Aplustre ; à l'ouest, Zéphyre, ayant pour attributs des fleurs ; au nord-ouest Sciron, versant des cendres et du feu.


Les Brises

Les anciens reconnaissaient aussi des Brises, qui passaient pour filles de Zéphyre. Les Romains avaient divinisé la bise ou le Circius.


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