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Le mythe de Xixouthros



Un roi fabuleux

Xixouthros est un roi fabuleux de la dixième génération chaldéenne. On n'a que des renseignements fort confus sur ses prédécesseurs. Suivant les fragments conservés dans le Syncelle, on peut lire ceci:
« avant toute dynastie humaine ou divine, un temps exista où tout était eau et ténèbres contenant des êtres inanimés informes, qui reçurent la vie et la lumière sous diverses figures et espèces étranges. C'étaient des corps humains, les uns à deux, les autres à quatre ailes d'oiseau, avec deux visages. Ceux-ci, sur un seul corps, portaient une tête d'homme et une tête de femme avec l'un et l'autre sexe, ceux-là avaient des jambes et des cornes de chèvre. D'autres, tantôt la tête, tantôt la croupe d'un cheval, et foule d'autres combinaisons bizarres de têtes, de corps, de queues de divers animaux, tels que chiens, chevaux poissons, serpents, reptiles, dont les figures se voient encore peintes dans le temple de Bélus. Une femme, nommée Omorka (mer on lune), présidait à toutes ces choses. Bélus, la divisant en deux moitiés, de l'une fit la terre, et de l'autre le ciel, d'où s'ensuivit la mort des animaux. D'autres dieux mêlèrent à la terre le corps d'Omorka, dont Bélus avait enlevé la tête. Il forma les hommes. En outre, Bélus partagea les ténèbres en deux moitiés, sépara le ciel de la terre, et établit le monde dans l'ordre où il est. Les animaux, qui ne purent supporter la lumière, disparurent. Bélus voyant que la terre était déserte quoique fertile, ordonna aux autres dieux de se couper chacun la tête, de mêler leur sang à la terre et d'en former des êtres qui supportassent l'air. Ensuite, il fit les astres, le soleil et les cinq autres planètes. »
Tels étaient les renseignements contenus dans un livre apporté aux hommes par le poisson Oannès, qui portait sous sa tête de poisson, dit Bérose, une autre tête, et des pieds d'homme attachés près de sa queue de poisson.


Le poisson Oannès

Cet animal singulier, qui apparut dans l'époque où les Babyloniens vivaient à la manière des brutes, sans noms et sans lois, venait de temps à autre se montrer aux hommes pour leur enseigner tout ce qui est utile, les arts mécaniques, les sciences, la construction des villes et des temples, la confection des lois, la géométrie, l'agriculture, et tout ce qui rend une cité policée et heureuse.
Le premier roi antédiluvien qui régna sur les babyloniens fut Aloros, qui fut pasteur et directeur du peuple, durant 10 sares ou 36 000 ans. Voici les noms de ses successeurs et la durée de leur règne:

  • Alaparos: 10 800 ans.
  • Amélon: 46 800 ans.
  • Amenon: 43 200 ans.
  • Métalaros: 64 800 ans.
  • Daonos: 36 000ans.
  • Euédorakhos: 64 800 ans.
  • Amphis: 36 000 ans.
  • Oliartes: 28 800 ans.

Ces noms présentent quelques variantes. Le dixième et dernier roi antédiluvien fut Xixouthros, qui régna 64 800 ans.


Le déluge

Sous Xixouthros arriva le déluge. « Kronos lui étant apparu en songe, l'avertit que le quinze du mois Doisios, les hommes périraient par un déluge. En conséquence, il lui ordonna de prendre les écrits qui traitaient du commencement, du milieu et de la fin de toutes choses, de les enfouir en terre dans la ville du soleil appelée Sisparis ; de se construire un navire, d'y embarquer ses parents, ses amis, et de s'abandonner à la mer.
Xixouthros obéit. Il prépare toutes les provisions, rassemble les animaux quadrupèdes et volatils, puis il demande où il doit naviguer: Vers les dieux, dit Kronos. Et il souhaite aux hommes toutes sortes de bénédictions. Xixouthros fabriqua un navire long de cinq stades et large de deux. Il y lit entrer sa femme, ses enfants, ses amis, et tout ce qu'il avait préparé. Le déluge vint, et bientôt ayant cessé, Xixouthros lâcha quelques oiseaux qui, faute de trouver à se reposer, revinrent au navire. Quelques jours après, il les envoya encore à la découverte. Cette fois les oiseaux revinrent ayant de la boue aux pieds. Lâchés une troisième fois, ils ne revinrent plus.
Xixouthros, présumant que la terre se dégageait, fit une ouverture à son navire, et comme il se vit près d'une montagne, il y descendit avec sa femme, sa fille, et le pilote. Il adora la terre, éleva un autel, fit un sacrifice, puis il disparut et ne fut plus vu sur la terre, non plus que les trois personnes sorties avec lui. Ceux qui étaient restés dans le navire ne les voyant pas revenir les appelèrent à grands cris. Une voix leur répondit, en leur recommandant la piété, et en ajoutant qu'ils devaient retourner à Babylone, selon l'ordre du destin, retirer de terre les lettres enfouies à Sisparis, pour les communiquer aux hommes ; que du reste le lieu où ils se trouvaient était l'Arménie.
Ayant ouï ces paroles, ils s'assemblèrent de toutes parts et se rendirent à Babylone. Les débris de leur navire, poussé en Arménie, sont restés jusqu'à ce jour sur les monts Korkoura, et les dévots en prennent de petits morceaux pour leur servir de talismans contre les maléfices. Les lettres ayant été retirées de terre à Sisparis, les hommes bâtirent des villes, élevèrent des temples, et réparèrent Babylone elle-même.


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