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Le mythe de Esculape (ou Asclépios ou AEsculapius)



Le dieu de la médecine

Esculape est le dieu de la médecine. Son épouse est Épione (la calmante). Ses fils sont: Machaon, Podalire, Ianiscus, Alexénor et Aratus. Ses filles sont: Hygie, Æglé, Iaso et Panacée.
Esculape prit part à l'expédition des Argonautes, et rendit par son art de grands services à l'équipage. Il ressuscita Hippolyte, Tyndare, Capanée, Glaucus, Hyménæus, Lycurgue, les Prœtides, Orion, les Phinoïdes, et qui ceux étaient morts à Delphes.


La naissance d'Esculape

Les poètes ne sont pas d'accord sur sa naissance. Selon les uns, il était fils d'Apollon et de Coronis, de la famille des Lapithes. Le dieu, ayant appris par un corbeau, que son amante entretenait une liaison avec Ischys, fils d'Ælatus, en Arcadie, donna ordre à Diane d'aller tuer l'infidèle Coronis. Celle-ci allait périr, lorsque Apollon accourut pour sauver son fils Esculape, qu'il porta chez Chiron, pour que celui-ci lui apprit l'art de la médecine et de la chasse.
Selon d'autres, Coronis, qui accompagna son père Phlégyas à une expédition dans le Péloponèse, mit au monde Esculape, et l'exposa à Épidaure, près du mont Titthéion, où il fut nourri par une chèvre et gardé par un chien. Le berger Aresthanas vit briller au-dessus de sa tête une auréole éclatante. Bientôt après sa naissance, le bruit se répandit dans toutes les parties du monde, qu'un enfant était né qui savait guérir toutes les maladies et ressusciter les morts.


La découverte de son don

Les traditions ne s'accordent pas sur la manière dont Esculape acquit ce pouvoir merveilleux: Apollonius rapporte que Minerve lui donna le sang de Gorgo, à l'aide duquel il pût rappeler les morts à la vie. Hygin prétend qu'Esculape, se trouvant dans la maison de Glaucus, qui était dangereusement malade, vit un serpent venir à lui et se rouler autour de son bâton. Esculape le tua, mais vint un autre serpent, qui, avec une certaine herbe qu'il portait dans sa gueule, rappela à la vie le serpent tué. C'est ainsi que, selon Hygin, Esculape apprit à connaître l'herbe avec laquelle il ressuscitait les morts.


La mort d'Esculape

Après avoir rendu la vie à Glaucus et à Hippolyte, il fut tué par la foudre, que Jupiter lança contre lui, soit que le dieu craignit que les progrès de son art ne parvinssent à arracher entièrement les hommes à la mort, soit qu'il y fût engagé par Pluton, qui se plaignait qu'Esculape empiétait sur son pouvoir. Cependant Jupiter, cédant aux instances d'Apollon, rangea Esculape, avec le serpent, parmi les astres.
Une autre fable dit qu'Apollon, irrité de la mort de son fils, extermina les Cyclopes qui avaient forgé la foudre avec laquelle Esculape fut tué. Jupiter voulait le précipiter dans le Tartare, mais sur les prières de Latoue, il l'exila de l'Olympe, et le condamna à faire paître les bœufs d'Admète.


Le culte d'Esculape

Comme dieu de la médecine, Esculape était adoré dans les forêts, auprès d'une source salutaire, ou sur des endroits élevés. Épidaure lui était consacrée. Il y avait un temple, une forêt, et une statue d'ivoire faite par Thrasymède. Il avait aussi des temples magnifiques dans toutes les parties de la Grèce, comme à Titane en Sicyonie, où sa statue porte le nom d'Hygie ; à Tricca en Thessalie ; à Tithorée en Phocide, où il était vénéré sous le nom d'Archégètès ; dans l'île de Cos, à Mégalopolis, à Cyllène en Elide, où il avait une statue célèbre faite par Colotès ; à Argos, à Pergame sur le Caïcus, à Smyrne, à Syracuse.
Son temple à Égée en Cilicie jouissait d'une grande réputation, et fut détruit par Constantin, qui croyait honorer la nouvelle religion par cet acte de vandalisme. Le culte d'Esculape fut transporté d'Épidaure à Rome, à l'occasion d'une peste, on lui érigea un temple dans l'île du Tibre, où est aujourd'hui l'église de Saint-Barthélemy. La plupart de ces temples se trouvaient dans des endroits qui, par leur situation élevée et l'air qu'on y respirait, étaient très salutaires pour les malades qui venaient implorer le secours du dieu. Ainsi le temple de Cyllène était bâti sur le cap d'Hyrmine, dans une contrée très fertile du Péloponnèse. Celui d'Épidaure se trouvait près de la mer ; d'autres sur les bords des rivières, ou près des sources réputées bienfaisantes. Tel était encore le temple d'Esculape à Athènes. Il contenait une source d'eau chaude. Lorsque les malades s'y rendaient, le dieu leur apparaissait en songe, et leur indiquait les remèdes qui devaient les guérir. Ces remèdes étaient inscrits sur des tablettes qu'on suspendait dans le temple, où elles servaient souvent d'ordonnances aux médecins.
Par ailleurs, Esculape porte un grand nombre d'épithètes, comme celles de Archégète (fondateur de villes), Aglaopès (rayonnant), Apalexicacos (sauveur), Philolaos (ami du peuple), et beaucoup d'autres, dérivées des noms des endroits où il était vénéré. On lui sacrifiait des coqs et des chèvres. Le laurier, le chien, son gardien, la chouette, symbole de la sagesse, lui étaient consacrés, et surtout le serpent, qui était intimement lié avec le culte de ce dieu.


Le serpent et la médecine

Chez les Égyptiens et chez tous les anciens peuples de l'Orient, nous retrouvons le serpent pour attribut des divinités que l'on adorait comme dieux de la médecine ; car il paraît que toutes ces divinités diverses ont eu une source commune, et que le culte du serpent comme emblème de la santé est un reste du fétichisme égyptien, qui, transplanté en Orient et surtout en Phénicie, le fut aussi à Épidaure par des marchands de ce pays.
Ainsi, nous trouvons dans l'histoire des Israélites que Moïse avait érigé au milieu du peuple un serpent d'airain, dont la seule vue guérissait de la peste. Et plus tard, même à la première époque du christianisme, nous voyons sur d'anciens tableaux le serpent, comme emblème de l'hygiène, sortant du calice de saint Jean.


Les représentations d'Esculape

Esculape était représenté dans le temple d'Épidaure assis sur un trône, appuyant une main sur la tête d'un serpent, et tenant de l'autre un bâton. A côté de lui on voyait ordinairement un chien, et quelquefois un jeune garçon, Télesphore, génie de la guérison. L'idéal de ce dieu a été créé par les plus grands maîtres, tels que Phidias, Alcamène, Scopas et autres.
Il ressemble beaucoup à celui de Jupiter. Ses cheveux, relevés au-dessus du front, retombent sur ses épaules. Sa barbe est épaisse, sans être cependant bouclée comme celle de Jupiter. Son regard est fier, mais affable. L'expression de sa figure est celle d'un penseur profond, mais d'une bienveillance toute paternelle. L'attitude de son corps est simple, grave et pleine de dignité: il est vêtu d'un manteau à larges plis.
Il existe beaucoup de statues et de bustes en marbre représentant ce dieu, et on trouve souvent son image sur des monnaies et des gemmes, mais elle est rarement sculptée en relief.


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