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Le mythe de Mélampe (ou Melampous)



Le fils d'Amythaon

Mélampe, de la race des Éolides, est le fils d'Amythaon et d'Idomène, ou d'Aglæa, ou de Rhodope. Il est également le frère de Bias.
Il fut, suivant Apollodore, le premier devin qui trouva l'art de guérir par des remèdes secrets et des purifications, et l'introducteur du culte de Bacchus en Grèce. D'après Hérodote, il aurait appris l'orgiastique égyptienne des colons phéniciens, compagnons de Bacchus, et l'aurait propagée en Grèce, ainsi que l'art de mêler le vin avec de l'eau, et divers mythes, au nombre desquels Diodore fait figurer le combat des Titans avec Saturne.
Mais ces assertions sont autant de fables. La mythologie Indigène nous apprend seulement que Mélampe, personnage purement grec, régna sur Argos, et épousa Iphianasse, Iphianire ou Cyrianasse, dont il eut Mantius, Abas et Antiphatès, selon Apollodore ; ou, suivant Diodore, Bias, Antiphatès, Manto et Pronoë.
Voici les trois principales traditions qui le concernent:


Le premier mythe au sujet de Mélampe

Mélampe, tils d'Amithaon de Pylos, habitait à la campagne, et avait devant sa maison un chêne dans lequel était un nid de serpents. Ses domestiques ayant tué ces serpents, Mélampe fit apporter du bois, les brûla et éleva leurs petits, qui, étant devenus grands, s'entortillèrent autour de ses épaules un jour qu'il dormait, et lui purifièrent les oreilles avec leur langue. Melampe, s'étant réveillé, fut saisi de frayeur, mais il s'aperçut bientôt qu'il entendait le langage des oiseaux. Et d'après ce qu'ils disaient, il prédisait l'avenir. Cette tradition est conforme à l'esprit général de l'antiquité, qui regardait le serpent comme le symbole de la divination.
Mélampe s'instruisit aussi dans la partie de la divination qui se fait par les sacrifices. Enfin, ayant rencontré Apollon sur les bords de l'Alphée, le dieu compléta sa science prophétique.


Le second mythe relatif à Mélampe

Bias, fils d'Amythaon, recherchait en mariage Péro, fille de Nélée. D'autres la demandant aussi, Nélée la promit à celui qui lui amènerait les bœufs de Phylacus, gardés à Phylaque avec tant de soin, que personne ne pouvait en approcher. Bias, ne sachant de quelle manière s'en rendre maître, pria son frère de lui rendre ce service. Mélampe le lui promit, en l'avertissant d'avance qu'il serait pris sur le fait, qu'il resterait un an en prison, mais qu'il aurait enfin les bœufs. Il se rendit ensuite à Phylaque, y fut pris comme il l'avait prédit et jeté en prison. L'année étant presque révolue, il entendit dans le faîte de la maison, quelques vers qui se parlaient. L'un demandait s'il restait encore beaucoup de la poutre à ronger, et les autres lui répondaient qu'elle était presque finie. Mélampe demanda alors qu'on le transférât sur-le-champ dans une autre chambre.
Celle qu'il venait de quitter étant tombée peu de temps après son départ, Phylacus, étonné, et apprenant qu'il était un excellent devin, lui promit de lui donner ses bœufs s'il indiquait à son fils Iphiclus comment il pourrait avoir des enfants. Mélampe sacrifia deux taureaux, et les ayant coupés en morceaux, il invita les oiseaux à en manger. Dans le nombre se trouvait un vautour, qui lui apprit que Phylacus, taillant un jour des béliers dans ses champs, avait posé auprès d'Iphiclus son couteau tout ensanglanté. L'enfant s'étant enfui saisi de frayeur, Phylacus ramassa le couteau et le piqua dans un chêne sacré. Il l'y oublia, et le chêne, en croissant, l'enveloppa de son écorce. Le vautour ajouta que, pour qu'Iphiclus pût avoir des enfants, il fallait retrouver le couteau, en racler la rouille, et lui en faire boire pendant dix jours. Mélampe parvint à retrouver le couteau, et fit boire de la rouille à Iphiclus, qui eut un fils.
Il emmena ensuite les bœufs à Pylos. Et ayant obtenu par ce moyen la fille de Nélée, il la maria à Bias, son frère, et s'établit en Messénie.


Le troisième mythe relatif à Mélampe

Pendant qu'Anaxagoras exerçait le pouvoir souverain à Argos, les femmes de cette ville furent saisies d'une folie furieuse. Mélampe parvint à les guérir, et obtint du monarque la moitié de ses États, pour lui et son frère Bias. Il avait posé cette condition d'avance, en cas de réussite.
Selon une autre tradition, les filles de Prœtus, Lysippe, Iphinoé et Iphianasse étant parvenues à l'âge de puberté, devinrent folles, suivant Hésiode, pour avoir rejeté les mystères de Bacchus, ou, suivant Acusilas, pour avoir méprisé une statue de Junon. Elles parcouraient dans cet état toute l'Argolide, l'Arcadie et le Péloponnèse, effrayant les populations de leur délire. Mélampe promit de les guérir, si Prœtus voulait lui donner le tiers de son royaume. Le monarque ayant refusé, la folie de ses filles augmenta, et gagna le reste des femmes, qui toutes abandonnaient leurs maisons, faisaient périr leurs enfants, et se retiraient dans les lieux déserts. Prœtus consentit enfin à la demande de Mélampe, qui exigea un second tiers du royaume pour son frère Bias, et se mit à la poursuite des Argiennes avec un cortège de jeunes gens, qui poussaient des cris bizarres en exécutant une sorte de danse sacrée. Les Prœtides quittèrent les montagnes, et entrèrent dans le pays de Sicyone. Iphînoé, l'aînée, mourut dans cette poursuite. Ses deux sœurs guérirent de leur folie et épousèrent Mélampe et Bias. Strabon place le lieu de la purification à la source d'Anigros, d'autres dans le temple de Diane Hémérésie à Lyses, d'autres à Sicyone.


Le compagnon d'Hercule

Mélampe est un compagnon d'Hercule. Il est le père de Gyas et de Cissée.


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