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Le mythe de Muses



Des divinités allégoriques

Les Muses étaient des déesses allégoriques dont la conception originaire n'avait trait qu'à la poésie et à la musique, et qui appartenaient à la nombreuse famille des nymphes des fontaines, dont l'eau communiquait la faculté poétique. Elles furent adorées en divers lieux sous différents noms, jusqu'à ce que de nouveaux développements de l'intelligence, de nouvelles applications des facultés humaines, ayant fait entrer dans leur domaine, outre la poésie, les arts et les sciences, leur nombre fut généralement fixé à neuf.
Cette division, originaire de Thrace, fut adoptée d'abord par les Béotiens et se répandit de là dans toute la Grèce.
Rien de plus confus que les traditions relatives à leur origine. On les fait tour à tour filles d'Uranus et de la Terre, de Piérus et d'Antiope ou d'une nymphe de Pymplée, d'Apollon, de Jupiter et de Plusia ou de Néda, ou de Monéta, ou de Minerve. Hésiode les fait naître en Piérie, de Jupiter et de Mnémosyne, et habiter l'Olympe, au nombre de neuf.


Le nombre de Muses selon les traditions

Pausanias parle de trois Muses adorées primitivement sur l'Hélicon, Mélété (la méditation), Mnémé (la mémoire), Aoidé (le chant).
On adorait aussi trois Muses à Sicyone. L'une d'elles se nommait Polymathie. A Delphes, elles s'appelaient Nété, Mésé et Hypaté, et n'étaient que la personnification des trois cordes de la lyre. Tzetzès parle de trois Muses, filles d'Apollon, qui portaient les noms de Céphisso, Apollonis (ou Achéloïs) et Borysthénis.
Filles de Jupiter et de Plusia, elles sont quatre: Thelxinoé (qui réjouit le cœur), Aoidé, Arché et Mélété. On remplace quelquefois Thelxinoé par Thelxique, et Arché par Mnémé.
La Sicile en reconnaissait sept: Néilo, Tritone, Asopo, Heptapora, Acheloïs, Tipoplo (ou Pactolo) et Rhodia.
Cratès, dans Arnobe, dit qu'il y a huit Muses, et il semble que ce nombre ait été adopté à Athènes dans l'origine.
Enfin Homère, qui parle tantôt d'une Muse, tantôt de plusieurs, mais sans leur donner de noms, les mentionne dans l'Odyssée comme étant au nombre de neuf, qui sont, suivant Hésiode, Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Érato, Polymnie, Uranie, Calliope. Elles eurent pour nourrice Euphémé (la gloire), et étaient désignées en quelques lieux, suivant Plutarque, par l'appellation générale de Mneiœ (souvenirs).


Les déesses du chant

Dans Homère, les Muses nous apparaissent comme déesses du chant. Elles habitent l'Olympe, charment de leur voix divine les festins des dieux, et entonnent des chants funèbres aux funérailles d'Achille. Ce sont elles qui électrisent le chantre au moment où il saisit sa lyre pour chanter les hauts faits des héros. Jalouses et vindicatives, elles punissent les téméraires qui osent lutter contre elles. Ainsi Thamyris fut frappé de cécité par elles pour les avoir défiées. Les Sirènes et les Piérides éprouvèrent aussi les effets de leur vengeance.
On donnait aux chantres le titre d'élèves ou de fils des Muses. De là vient sans doute que dans les traditions postérieures aux premiers âges, les Muses n'ont plus ce caractère de chasteté sévère qu'on leur attribuait dans l'origine. Ainsi Linus naquit, dit-on, d'Amphirmarus et d'Uranie, ou d'Apollon et de Calliope, ou de Terpsichore ; Hyacinthe, de Piérus et de Clio ; Rhésus, de Strymon et d'Euterpe ; les Corybantes, d'Apollon et de Thalie ; les Sirènes, d'Acheloüs et de Melpomène ou de Terpsichore ; Orphée, de Calliope ou de Clio; Palæphate, de Thalie; Thamyris, d'Erato ; Triptolème, de Polymnie.
Comme déesses du chant, les Muses étaient naturellement dans une connexion intime avec Apollon, qui, ainsi qu'elles, apprend aux mortels à cultiver la musique et la poésie. Cette connexion perce déjà dans Homère. Plus tard, elle devint encore plus intime comme le prouve l'épithète de Musagète donnée au fils de Latone. C'est à cause de ce lien avec le dieu du chant, et aussi en raison de leur qualité de nymphes des sources que les Muses apparaissent avec le caractère fatidique, et enseignent, par exemple, à Aristé, l'art de prédire l'avenir. Hésiode ajoute la danse à leurs attributions, et les fait habiter tantôt l'Olympe, tantôt l'Hélicon. Enfin, on les relia en dernier lieu au culte de Bnccbus, comme nymphes douées d'inspiration. Elles sont tantôt les nourrices, tantôt les compagnes du dieu de Nysa.


Le culte des Muses

Originaire de Thrace, le culte des Muses se répandit de là en Béotie, et avec lui les noms des montagnes, grottes et fontaines qui leur étaient consacrées. Elles avaient sur l'Hélicon un temple près duquel coulaient les sources d'Aganippe et d'Hippocrène. On les invoquait dans une grotte, sur le Libethrum. C'est Piérus de Macédoine qui introduisit, dit-on, le culte des neuf Muses à Thespies sur l'Hélicon, où elles avaient un temple et des statues. En ce lieu, on célébrait en leur honneur les Musées. Elles avaient aussi un temple sur le Parnasse, où la fontaine Castalie inspirait, disait-on, les poètes.
Le culte des Muses se répandit bientôt de la Béotie dans toute la Grèce. Ainsi, on les adorait dans l'Académie d'Athènes, et à Sparte, où on leur sacrifiait avant le combat. Les Trézéniens, auxquels Ardalus avait fait connaître ces divinités, leur offraient des sacrifices qui leur étaient communs avec le dieu du sommeil. A Corinthe, la source de Pyrène leur était consacrée. A Rome enfin, elles avaient un autel en commun avec Hercule Musagète, dont le temple était aussi orné des statues de ces divinités.
On leur offrait des libations d'eau, de lait et de miel, dites Néphalies.


Les représentations des Muses

Sur les monuments les plus anciens, on trouve les Muses toujours représentées au nombre de trois, et ayant pour attributs la flûte, la lyre et le barbiton. Dans la suite, l'art s'est plu à les figurer au nombre de neuf, avec des emblèmes divers. Quelques bas-reliefs nous les offrent la tête ornée d'une touffe de plumes, en mémoire de leur lutte avec les Sirènes.


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