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Le mythe de Wilas



Des fées puissantes

Les Wilas sont des fées serviennes analogues aux Roussalkis des Slaves. Elles habitent tantôt les nues, tantôt les bois et les montagnes, et se plaisent, de même que le gracieux cortège de Titania, à former des danses légères sous l'ombrage des merisiers. Jeunes et belles, elles portent une longue chevelure flottante, et des voiles blancs et aériens. Ce sont des êtres, élémentaires, plutôt malicieux que méchants, et accessibles comme les mortels à la passion et à la douleur. Elles sont surtout jalouses de leur pouvoir, et se montrent très cruelles envers ceux qui les ont offensées. La croyance populaire leur attribue une grande puissance. Elles peuvent à leur gré former les orages, gonfler les torrents et retarder la marche du voyageur. Malheur à l'imprudent qui, en traversant les bois où la Wila repose sur la mousse, en trouble le silence, ou profane les eaux du fleuve sur les bords duquel elle aime à sommeiller.
Les chants serviens recueillis par Wuk Stéphanovitch nous montrent la Wila comme tenant à la fois de la fée d'Orient et de la druidesse du Nord. On la voit exercer tantôt les fonctions de médecin, tantôt celles de prophétesse. Elle se mêle aux événements de la vie par curiosité, par malice, rarement par désir d'obliger, si elle n'y est contrainte par la force, à moins qu'elle ne soit alliée à celui qui réclame son secours par les liens de l'adoption.


Les légendes de Marko et des Wilas

De nombreuses légendes mettent les Wilas en rapport avec Marko, le Roland de la Servie. Un jour, dit l'une d'elles, Marko et son frère d'adoption Milosch chevauchaient dans la forêt de Mirotsch. Le dernier, trouvant le temps long, eut envie de chanter comment ses pères fondèrent des monastères dans la glorieuse Macédoine. Mais dans les ombres de la forêt veillait la Wila, qui avait prédit à Milosch qu'elle lui percerait le cœur s'il osait jamais élever la voix dans ses domaines. Cependant Milosch commença, et avec lui la Wila se mit à chanter pendant que Marko s'endormait. Vaincue par le héros, la fée, irritée, tendit son arc et perça le cœur et la gorge de Milosch. Puis elle se sauva dans les nuages. Marko la délogea de sa demeure aérienne en lançant sa massue, puis il la frappa, jusqu'à ce qu'elle lui eût promis de guérir son frère et de les protéger désormais tous deux.
Une autre fois Marko chevauchait dans une forêt montagneuse. Il allait égorger son fidèle coursier, ne pouvant trouver de source pour se désaltérer, lorsqu'il parvint à un lac où dormait, sous l'ombre épaisse des sapins, une Wila funeste. Marko, ne tenant compte de sa présence, se mit à abreuver son coursier et à chanter à gorge déployée. « Furieuse, dit la légende, la Wila s'éveilla tout à coup en sifflant comme une couleuvre irritée. Et voilà qu'elle tire de son sein des serpents, et voilà qu'à ses cris accourent les bêtes des forêts. Elle saisit un cerf de sept ans. Elle lui met pour mors un des serpents, de deux autres lui fait une bride, du quatrième un fouet. » Ainsi armée, elle se mit à invectiver Marko. Le héros releva un peu son bonnet, pour voir si c'était sérieux. Mais au même instant son ennemie lui décocha six flèches, qu'il reçut heureusement sur son bouclier. Une lutte corps à corps s'engagea ensuite. Elle dura depuis le matin jusqu'à midi. Au moment où le héros allait succomber, il s'adressa à la Wila qui lui avait juré amitié. Celle-ci lui répondit du sein des nuages, et la méchante Wila s'étant retournée pour voir à qui Marko parlait, fut tuée par lui.


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