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Le mythe de Curètes



Des prêtres de Jupiter et de Rhée

Primitivement les Curètes étaient des prêtres qui, au nombre de neuf, célébraient en Crète les cérémonies du culte de Jupiter (Zeus) et de Rhée. Ces solennités avaient un aspect tout guerrier: on y voyait surtout figurer la célèbre danse pyrrhique, nommée aussi Prylis, qui se faisait au bruit des cymbales d'airain et au cliquetis des épées frappées sur les boucliers. Pour donner un caractère sacré à ce corps sacerdotal, on imagina comme prototypes de ses membres, des Curètes mythiques ou divins, qu'on relia traditionnellement à l'ancienne théogonie.
Les Curètes sacrés, au nombre de trois, disent ces récits comparativement modernes, aidèrent Rhée à enlever Jupiter à Saturne et aux Titans, et cachèrent le jeune dieu dans une grotte de l'Ida, frappant de leurs épées sur leurs boucliers, pour que Saturne n'entendit pas ses cris.
Une fable qui présente quelque analogie avec celle-ci, montre les Curètes voués à la défense de Bacchus Zagreus, et s'efforçant en vain de protéger le dieu, qui meurt déchiré par les Titans. Elle est évidemment calquée sur la première, et provient d'une fusion entre le culte de la Cérès orphique et celui de Bacchus.


La généalogie des Curètes

Quoi qu'il en soit, les Curètes, originairement prêtres, furent donc élevés ainsi au rang des dieux, auxquels on élevait des temples, et dont les noms étaient invoqués dans les serments. Ainsi que les Cabires, les Dactyles, les Telchines et les Corybantes, qui présentent le même caractère enthousiaste et bachiqne, les Curètes appartiennent au culte orgiaque de la nature. Ils offrent ainsi de nombreuses analogies avec les Satyres, suivant la judicieuse remarque de Strabon, qui fait les neuf Curêtes, fils de 100 Dactyles et pères de 90 Dactyles: « Il y eut d'abord cent qui portèrent le nom de Dactyles Idéens. Les neuf Curètes furent leurs enfants, produisirent chacun dix enfants, qui s'appelèrent, comme leurs ancêtres, Dactyles idéens. »
Nous ne contesterons pas ici l'authenticité de cette généalogie. Nous ferons seulement remarquer le défaut de précision et d'abondance des renseignements qui se rapportent à cette partie de l'histoire mythique de l'antiquité. Les Grecs n'en savaient guère plus que nous sur l'origine des Curètes, qualifiés de gegeneis (enfants de la terre) et d'imbrogeneis (enfants des pluies). Hérodote les prend pour des Phéniciens de la suite de Cadmus. Les uns, dit-il, allèrent en Grèce, les autres s'établirent en divers lieux (Phrygie, Samothrace, Imbros, Lemnos, Eubée, Rhodes, Crète), et y adoptèrent des noms différents. Curètes fut celui des Phénico-Crétois. Denys d'Halicarnasse les regarde comme Autochthones. Enfin, Éphore les fait venir de la Phrygie. Ce dernier auteur a été suivi par Hœck, qui donne une origine asiatique à la danse pyrrhique et à la musique orgiaque.
Localisés du reste dans l'histoire de la Grèce proprement dite, on les voit, fixés en Étolie, à l'est du fleuve Achéloüs, prendre part à la chasse du sanglier de Calydon ; puis, plus tard, assistés d'Apollon, soutenir contre les Étoliens une guerre dans laquelle périt Méléagre.
Par ailleurs, les Curètes avaient en Messénie un temple où on leur sacrifiait toutes sortes d'animaux.


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