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Le mythe de Kère



La personnification des causes de la mort

Les Kères sont des déesses grecques, auxquelles les dictionnaires mythologiques donnent à tort le genre masculin. Le mot que les poètes grecs emploient en général pour désigner la personnification des causes de la mort, soit naturelle, soit violente, avait dans l'origine le sens vague du destin. Il désignait l'heure fatale qui marque la cessation de la vie, sans personnification bien précise, et s'appliquait aux hommes et aux animaux. Ainsi l'on voit Jupiter, dans Homère, peser les Kères des Grecs et des Troyens et ceux d'Hector et d'Achille. Évidemment dans ce lieu ce mot n'a pas d'autre signification que celui de destinée.
Haïe des mortels, parce qu'elle les entraîne dans la demeure de Pluton, la Kère pèse également sur tous et menace les hommes de mille morts différentes, survenant là où on l'attend le moins. Ce n'est cependant pas de son propre mouvement qu'elle met fin à la vie. Elle est toujours soumise à la volonté de Jupiter, qui lui marque le moment où elle doit apparaître et retarde quelquefois la rapidité de sa marche. Souvent même on lui échappe par la faite, et les hommes l'appellent ou l'éloignent d'après leur propre volonté. Ainsi Achille peut choisir entre deux Kères, c'est-à-dire entre deux destinées qui lui ont été marquées par la volonté souveraine.
La mort que donne la Kère n'est pas toujours violente. Dans Homère: « Quelle Kère t'a conduite dans le sombre empire de Pluton? Est-ce une longue maladie, ou serait-ce Diane, ou Neptune, ou les traits de tel ennemis, qui auraient terminé tes jours? ».


Les Kères dans les champs de batailles

Dans les combats, les Kères parcourent le champ de bataille avec la Discorde et le Carnage, saisissant les guerriers dont une blessure mortelle va terminer les jours, et se disputant les cadavres des mourants. Leurs vêtements sont teints de sang. Telles sont les données transmises par Homère sur les Kères. Leur nom figure dans l'Iliade et l'Odyssée, tantôt au singulier, tantôt au pluriel ou au duel. Cette dernière forme semble faire allusion à une distinction qui se retrouve dans Mimnerme, lequel reconnaît deux Kères, amenant, l'un, la vieillesse, et l'autre, la mort.
Dans Hésiode, qui les fait filles de la Nuit les Kères n'ont déjà plus cette forme moitié abstraite moitié réelle que leur attribue Homère. Compagnes des Parques, elles prennent le caractère de divinités vengeresses, et punissent sévèrement les mortels. Dans les combats, elles représentent les causes de la mort personnifiées. Elles sont de couleur noire, et montrent leurs dents blanches avec des grincements et en lançant des regards effroyables. Elles suivent les guerriers blessés, leur enfoncent dans le corps leurs énormes griffes, et sucent leur sang jusqu'à ce qu'elles en soient rassasiées. Après quoi, elles jettent le cadavre de côté, et s'empressent de rejoindre la mêlée, pour avoir de nouvelles victimes.


Des divinités vengeresses

Comme divinités vengeresses, on les fit apparaître plus tard à côté des Furies. Les Grecs donnaient encore le nom de Kères aux soucis qui abrègent la vie des hommes et aux épidémies. Apollonius les surnomme les chiens de Pluton.


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