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Le mythe de Vénus (ou Aphrodite)



Les différentes Vénus

Cicéron reconnaît quatre Vénus différentes:

  • La fille du Ciel et du Jour.
  • La seconde est née de l'écume de la mer. Elle eut Cupidon du dieu Mercure.
  • La fille de Jupiter et de Diane. Elle épousa Vulcain.
  • La Vénus syrienne, désignée par les noms d'Astarté ou d'Achtoret.

Cette classification est incomplète et erronée. Les trois premières Vénus n'en font qu'une, c'est Aphrodite grecque, transportée à Rome, et identifiée avec Thalna, adorée en Étrurie ; avec Astarté, une divinité orientale, qu'une interpolation insérée dans le Mercator de Plaute qualifie de mère universelle ; avec Anahid, adorée en Perse, etc. Si donc nous voulons nous en tenir à la mythologie grecque indigène, nous ne reconnaîtrons qu'une Vénus, fille, suivant Homère, de Jupiter et de Diane.
L'Odyssée lui donne pour époux le dieu Vulcain, mais dans l'Iliade elle n'a point de mari. Selon Hésiode, lorsque Saturne mutila son père, quelques gouttes de sang, tombées de sa blessure, fécondèrent une écume blanchâtre qui flottait à la surface de la mer. De cette écume sortit Aphrodite, qui se rendit d'abord à Cythère, puis dans l'île de Cypre, et de là dans l'Olympe.
On la donne encore comme fille de Saturne et d'Évonyme.


La déesse de l'amour et de la beauté

Les cosmologistes expliquent sa naissance en disant que la déesse Vénus représente la puissance productrice de la nature, mère de toutes les créatures, l'eau étant le principe de la fécondité.
Vénus était regardée chez les anciens comme la déesse de l'amour: « C'est elle, dit l'hymne homérique, qui fait éclore de tendres désirs dans le sein des dieux, qui soumet à ses lois les mortels, les oiseaux, légers habitants de l'air, tous les monstres, et ceux du continent et ceux de la mer. C'est elle, douce Vénus couronnée de fleurs, c'est elle qui courbe sous ses travaux tout ce qui respire. » Il est cependant trois divinités qu'elle n'a pu soumettre à son pouvoir, ce sont Minerve, Diane et Vesta. Du reste, Jupiter la domine, bien qu'il cède parfois à son empire. Ce fut lui qui lui inspira de l'amour pour Anchise. Favorable à ceux qui lui obéissent, elle punit ceux qui osent la braver.
Vénus est aussi déesse de la beauté et des grâces. Pindare lui donne la Jeunesse pour messagère, et pour compagnes les Grâces, qui la couvrirent des plus riches parures lorsqu'elle sortit des flots. Pitho et les Heures font aussi partie de son cortège. Elle préside aux hymens, et exerce un pouvoir sur la mer, mais seulement d'après les poètes latins.


Les amants et les enfants de Vénus

Dans l'Iliade, Vénus est du parti des Troyens, Pâris lui ayant accordé le prix de la beauté. Elle sauve son protégé, vivement pressé par Ménélas, et le réconcilie avec Hélène. Mais lorsqu'elle voulut enlever Énée du champ de bataille, elle fut blessée par Diomède. Plus tard, on la voit préserver de la corruption le cadavre de Patrocle.
Dans l'Odyssée, Vénus est l'épouse de Vulcain, et le trompe pour Mars. Averti par Hélios, Vulcain entoura un jour la couche de la déesse d'un filet ourdi avec art, et surprit ainsi les deux amants.
Vénus eut de Mars Phobos, Déimos et Harmonie, selon Hésiode, ou Eros et Antéros, selon le Scholiaste d'Apollon ; d'Ancbise, elle eut Énée, Lyrus ou Lyrnus ; d'Adonis: Golgos et Béroé. On lui donne encore pour enfants Priape, né de Jupiter ou de Bacchus, ou de Mars ; Hermaphrodite, né de Mercure ; Bacchus; Éryx, né de Butès ; Rhodos, né de Neptune.
Lors de la Titanomachie, Vénus se métamorphosa en poisson.


Les attributs de Vénus

Les attributs de la déesse sont la ceinture brodée, où se trouvent tous les attraits de l'amour, le désir, les douces paroles qui dérobent le cœur même des plus sages, la flèche. On lui avait consacré le myrte, la rose, la pomme, le pavot, symbole de la fécondité, le tilleul, dont l'écorce servait à tresser des couronnes, la colombe, le passereau, le cygne, l'hirondelle, oiseau du printemps, l'iynx ou torcol, et en tant que Vénus marine, le dauphin. De plus, à Vénus-Uranie était consacrée la tortue, emblème de la sagesse et de la chasteté des femmes ; à Vénus Pandémos, le bouc, symbole contraire. Vénus victorieuse est parée des armes de Mars, ainsi que la Vénus-Junon (Aphrodite-Héra), adorée à Sparte. La Vénus au bain avait des attributs particuliers.


Le culte de Vénus

Le siège principal du culte de Vénus était l'île de Cypre, et, dans cette île, Paphos, ou Aérias, avait le premier élevé un temple à la déesse. Cinyre restaura cet édifice, et transmit à ses descendants le sacerdoce et la royauté. On parle aussi d'un certain Tamiras, qui porta à Paphos la science augurale et fut chef d'un collège de prêtres. Le temple et l'autel de Paphos, bien qu'exposés à l'air libre, n'étaient jamais mouillés par la pluie. Les autres lieux de l'île où l'on adorait Vénus était Amathonte, Golgos, Tamasus, Soles, Idalie, etc. Quant aux villes de l'Asie-Mineure et de la Grèce où on lui rendait un culte, il serait trop long de les énumérer. Il nous suffira de citer le temple de Cnide, célèbre par une statue de Vénus, œuvre de Praxitèle ; l'île de Cos, où l'on voyait la Vénus vêtue du même artiste et la Vénus Anadyomène d'Apelles. On adorait aussi Vénus en Sicile. Rome lui éleva plusieurs temples, ainsi que Baies et Minturnes.
On lui offrait de l'encens, des couronnes de fleurs, des boucs, des porcs ; à Vénus Pandémos, des chèvres ; à Vénus-Uranie, des génisses et des lièvres.
Les fêtes célébrées en son honneur portaient le nom d'Adonies, de Catagogies, d'Anagogies. etc.


Les représentations de Vénus

On figurait, dit-on, Vénus, dans l'origine, par une pierre conique. L'art grec l'a représentée soit seule, soit accompagnée des Amours, ou avec Adonis et Mars. Son char, lorsqu'elle traverse les airs, est attelé de colombes. Sur les flots, des Tritons remplacent ces oiseaux. On la voit aussi montée sur un taureau, ou sur un bouc.
Hirt a ainsi classé les représentations plastiques qui nous restent de cette déesse:

  • 1. La Vénus pudique (Vénus de Médicis, Vénus de Milo).
  • 2. La Vénus au bain.
  • 3. La Vénus demi-vêtue.
  • 4. La Vénus victorieuse, qui se pare des armes de Mars.
  • 5. La Vénus vêtue. Elle porte une tunique sans ceinture.

Une patère de Dempster représente la Vénus étrusque. On y lit le nom de Thalna.
L'idéal de Vénus est une figure ovale au front peu élevé, aux sourcils très réguliers, aux paupières légèrement déprimées. La bouche est petite, les lèvres pleines. Au milieu du menton, une fossette légèrement indiquée. La tête, couverte de cheveux ondoyants, incline sur le côté.


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