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Le mythe de Pélée (ou Péleus)



Un héros mythique

Pélée est un célèbre personnage des temps héroïques. Comme les poètes postérieurs à Homère n'ont pas suivi avec exactitude les données de l'Iliade, nous allons séparer avec soin la légende homérique des additions qui y ont été faites après coup.
Fils d'Éaque et d'Endéis, suivant l'Iliade, et roi des Myrmidons à Phthie en Thessalie, Pélée fut chéri des immortels dès sa naissance, et reçut d'eux des présents splendides. Jupiter, pour lui marquer sa bienveillance, lui donna Thétis en mariage, malgré la résistance de cette déesse. Tous les dieux honorèrent de leur présence les noces du nouvel époux. Apollon y joua de la lyre. Les présents que Pélée reçut à cette occasion furent une cuirasse magnifique et les chevaux Xanthe et Balius, qui passèrent à Achille par la suite. Chéron lui offrit une lance énorme.
Il ne naquit qu'un fils, le célèbre Achille, de cette union entre une déesse et un mortel. Homère parle cependant d'une Polydore, fille de Pélée, mais sans mentionner le nom de la mère. Patrocle, Épigée et Phénix, qui avaient dû fuir chacun leur pays natal, pour des causes différentes, trouvèrent un refuge à la cour de Pélée, qui établit le dernier, roi des Dolopes, et lors de la guerre de Troie, adjoignit ces trois héros à son fils pour lui enseigner l'art de la guerre et le protéger dans les combats.
A partir de cette époque, Homère ne parle plus de Pélée qu'occasionnellement. Le vieillard, isolé, sans famille, car Thétis résidait le plus souvent dans sa demeure maritime, quoique divers passages de l'Iliade la montrent auprès de son époux, déplorait sa languissante vieillesse. Il survécut à son fils.


Pélée contre Phocus

Les poètes et les mythologues ont amplifié et brodé diverses parties de ce mythe, en y intercalant parfois des éléments nouveaux. Suivant Apollodore, Pélée et Télamon, fils d'Éaque, jaloux de Phocus, leur frère naturel, qui se distinguait par son adresse dans toutes sortes d'exercices, résolurent de le tuer. Télamon, en luttant avec lui, lui jeta son disque à la tête. Diodore dit que Pélée lui-même accomplit le meurtre. Le scoliaste de Lycophron accorde ces différences: suivant lui, Pélée ayant abattu Phocus d'un coup de disque, Télamon l'acheva avec son épée. Il est bon de remarquer que quelques légendes font de Télamon l'ami, et non pas le frère, de Pélée. Quoi qu'il en soit, le meurtre fut découvert et les assassins bannis d'Égine.
Pelée s'enfuit à Phthie, auprès d'Eurytion. Tzetzès rapporte que, ne voulant pas paraître à la cour de son hôte sans une suite digne de son rang, il implora Jupiter, qui changea en hommes, appelés Myrmidons, une certaine quantité de fourmis. Eurytion, qu'Ovide remplace par Céyx, roi de Trachine, accueillit favorablement le fugitif, le purifia, et lui donna en mariage sa fille Antigone, avec le tiers de ses États. Ici les traditions divergent considérablement; au lieu d'Eurytion quelques-uns parlent d'Eurytus. Selon Diodore, c'est auprès d'Actor, fils de Myrmidon, que Pélée chercha un refuge, et, à la mort de son hôte, il hérita de la souveraineté.
Sa femme Antigone porte aussi les noms de Polymélé, Polymélis, Philomèle, Eurydice et Laodamie. Il eut d'elle une fille, Polydore, et, selon Eustathe, Achille.


Pélée contre Acaste

L'un des chasseurs du sanglier de Calydon, Pélée tua involontairement son beau-père dans l'ardeur de la poursuite, et se retira alors à Iolcos, vers Acaste, qui le purifia. Tzetzès désigne cependant Actor, fils de celui-ci, comme l'infortuné qu'il tua involontairement.
Il lutta avec Atalante dans les jeux funèbres célébrés en l'honneur de Pélias. Astydamie, femme d'Acaste, ou, suivant Pindare, Hippolyte, fille de Créthée, étant devenue amoureuse de lui, lui fit des propositions. Ne pouvant le faire condescendre à ses désirs, elle envoya dire à sa femme qu'il allait épouser Sterope, fille d'Acaste. Antigone le crut et se pendit. Astydamie dit ensuite à Acaste que Pélée avait cherché à la séduire. Acaste, ne voulant pas tuer un homme qu'il avait purifié, le mena avec lui à la chasse sur le mont Pélion. Arrivés là, ils se défièrent au sujet de la chasse. Ce défi étant accepté, Pélée se contentait de couper les langues des bêtes qu'il prenait, et les mettait dans son havresac. Acaste et ses compagnons ayant pris ensuite ces bêtes, se moquaient de lui, disant qu'il n'avait rien tué. Alors il tira de son havresac les langues qu'il y avait mises, et leur dit qu'il avait tué autant de bêtes qu'il y avait de langues. Il s'endormit ensuite sur le mont Pélion, où Acaste le laissa après avoir caché son épée dans du fumier de bœuf. Pélée s'étant réveillé, et cherchant son épée, tomba entre les mains des Centaures, qui voulaient le tuer. Mais il fut sauvé par Chiron, qui chercha aussi son épée et la lui rendit. Ou bien Chiron ou Mercure lui apportèrent une épée, ouvrage de Vulcain.
Pélée, qui avait pris part à l'expédition des Argonautes, au combat des Centaures et des Lapithes, et à l'expédition d'Hercule contre Ilion, si l'on en croit Pindare, Apollonius et Ovide, ravagea ensuite Iolcos avec Jason et les Dioscures. Et, ayant tué Astydamie, femme d'Acaste, il la mit en quartiers, et fit passer son armée à travers ses membres séparés, pour entrer dans la ville. Pindare dit qu'il accomplit seul cette expédition, tua Acaste et sa femme, et soumit aux Thessaliens la ville d'Iolcos, qui dépendait auparavant de Magnésie. Il y a encore d'autres divergences relativement à la lutte de Pélée avec Acaste:

  • Les fils d'Acaste, Archandre et Architélès, avaient chassé Pelée de la Phthie.
  • Le troupeau donné par Pélée à Acaste, en expiation du meurtre de son fils Actor, fut dévoré par un loup que Thétis changea en pierre.
  • Pélée, abandonné par Acaste dans une chasse, se retira auprès de Chiron et acquit des troupeaux, qu'il offrit à Irus, père d'Eurytion, en expiation de son crime involontaire. Irus ayant refusé de les accepter, Pélée les laissa errer. C'est alors qu'ils furent dévorés par un loup.
  • La Néréide Psamathé avait envoyé cet animal, pour venger la mort de Phocus. Mais elle le changea en pierre, à la prière de Thétis.

Son mariage avec Thétis

Quant au mariage de Pélée avec Thétis, le roi thessalien faillit être supplanté par Jupiter et Neptune, qui convoitaient la main de la déesse. Mais Thémis ayant déclaré que le fils qui naîtrait de cette union serait plus puissant que son père, les deux divinités se retirèrent. On rapporte encore que Jupiter, voulant absolument posséder Thétis, ce fut alors que Prométhée (ou Protée) prédit l'empire du ciel à son enfant. Apollonius dit que Thétis, élevée par Junon, méprisa le roi de l'Olympe, qui, pour la punir, la maria à un mortel. Cette tradition n'est pas, comme quelques-unes d'entre les précédentes, en désaccord avec l'esprit du mythe antique.
Maintes fois dans l'Iliade on voit percer le mécontentement de Thétis, humiliée d'avoir un mortel pour époux. Elle ne céda pas sans résistance à la volonté des dieux, et se métamorphosa en flamme, en onde, en animal, en sèche (Sépia), d'où le nom du Sépias, mont de Thessalie, pour échapper à Pélée, qui, instruit par Chiron, la contraignit enfin à reprendre sa forme naturelle. La Discorde, qu'on avait oublié d'inviter à ces noces, se vengea cruellement.
Suivant un Scoliaste d'Apollonius, la Thétis épouse de Pélée n'était pas la déesse marine, mais bien une fille de Chiron. Ou bien ce fut celui-ci qui, pour accroître la renommée de son ami, uni à Philomèle, fit courir le bruit qu'il avait épousé Thétis. Philostrate s'écarte, avec autant d'extravagance, de la tradition première. Selon lui, Thétis, amoureuse de Pélée, lui étant apparue, sans se faire connaître, sur le Pélion, fut aperçue par lui un jour que, par une mer calme, les dauphins et les hippocampes la promenaient sur les flots. Ce spectacle effraya l'amant mortel, et il songea à s'enfuir. Mais Thétis lui fit souvenir que beaucoup de déesses avaient cherché des amants sur la terre. Elle lui rappela les amours de l'Aurore et de Tithon, de Vénus et d'Anchise, de la Lune et d'Endymion. Enfin elle le tranquillisa tout à fait, en lui promettant un fils qui serait presque un dieu.
Contrairement au récit homérique, Apollonius et Ptolémée Héphestion disent que Pélée eut de Thétis sept enfants. Les six premiers furent jetés dans les flammes par la mère, irritée sans doute de ce témoignage de son union. Le septième, qui fut Achille, échappa par la brusque apparition du mari. Selon Apollodore, Pélée n'eut de Thétis qu'un fils, Ligyron, nommé plus tard Achille. Sa mère le fit passer par les flammes pour le rendre immortel, mais interrompue dans son opération, elle se retira vers les Néréides et confia l'enfant à Chiron, qui, selon d'autres, le reçut des mains de Pélée lui-même.


Le culte de Pélée

Pélée était honoré à Pella comme un demi-dieu. On lui sacrifiait, dit-on, un homme tous les ans.


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