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Le mythe de Typhon (ou Typhaon ou Typhœus ou Typhos)



Un être ahrimanique

Le Typhon est un être ahrimanique, qui paraît être, dans les poètes et les mythographes, tantôt la personnification des tempêtes, tantôt celle des phénomènes volcaniques d'un lieu particulier. Sous ce dernier aspect, on le place toujours, ainsi que les géants, dans des contrées volcaniques, telles que le pays des Arimes, la Sicile, les îles Pithécuse, la Phrygie, la Lydie, la Béotie, l'Egypte.
Homère ne dit rien de ce géant, si ce n'est que Jupiter lance ses foudres sur le mont qui le couvre dans le pays des Arimes. Hésiode distingue deux Typhons: l'un, nommé Typhaon, est le fils de Typhoée. C'est un vent terrible, qui eut d'Échidna le chien Orthos, Cerbère, l'Hydre de Lerne et la Chimère. Son père, Typhoée, était le fils du Tartare et de la Terre. Il avait cent têtes de dragons. Ses yeux étaient terribles et sa voix répandait l'épouvante. Père des vents funestes, il voulut commander aux dieux et aux hommes, mais Jupiter le foudroya, après une lutte terrible.
Postérieurement à Hésiode, les deux Typhons furent absolument confondus en un seul être ahrimanique, qui n'est plus qu'une personnification de l'éruption. Il est le fils de la Terre, et habite les cavernes de la Cilicie, selon Pindare. L'hymne homérique rapporte que Junon, irritée de la naissance de Minerve, enfanta Typhon sans le concours de son époux. Cette tradition, reproduite par Ovide au sujet de Mars, se retrouve encore dans Apollodore, mais appliquée à Vulcain, et avec une contradiction notoire, puisque ce dieu avait, suivant le même auteur, prêté son concours à Jupiter pour faire apparaître Minerve. Dans Eustathe, cette légende est ainsi brodée: La Terre, irritée de la défaite des géants, excita une querelle entre Jupiter et Junon. Celle-ci demanda justice à Saturne, qui lui remit deux œufs dans lesquels Typhon était à l'état de germe. Il devait bientôt en sortir pour expulser Jupiter de l'Olympe. Tout à coup Junon se repentit, et avoua à son époux ce qu'elle avait fait, mais il était trop tard: Typhon venait de naître.
Typhon fut le père du Sphinx, du vautour de Prométhée, du lion de Némée, du dragon Ladon, selon Apollodore. Valérius Flaccus ajoute à cette liste les Harpies.


Typhon contre Jupiter

Suivant Apollodore, ce monstre, habitant du Typhonium, une caverne qu'il remplissait de vapeurs empoisonnées, avait la forme d'un homme de la ceinture en haut, et surpassait en hauteur les plus hautes montagnes. Sa tête atteignait les astres. De ses mains, qui touchaient au levant et au couchant, sortaient cent têtes de serpent. De ses cuisses s'élançaient des vipères nombreuses, qui se repliaient autour de lui et faisaient entendre d'horribles sifflements. Une partie de son corps était couverte de plumes et ses longs cheveux flottaient épars sur son dos. Étant ainsi muni d'armes naturelles, il lançait contre le ciel des pierres enflammées, en vociférant, et des torrents de flamme jaillissaient de sa bouche.
Les Dieux, le voyant escalader l'Olympe, s'enfuirent dans l'Égypte, en prenant les formes de toutes sortes d'animaux. Seuls, Jupiter et Minerve osèrent l'attendre de pied ferme. Tant que Typhon fut éloigné, le maître des dieux lui lança sa foudre. Mais lorsqu'il se fut approché, il le menaça d'une faux de diamant, et le poursuivit jusqu'au mont Casius en Syrie. Là une lutte s'engagea entre eux. Typhon fut vainqueur, et, ayant coupé à son adversaire les muscles des pieds et des mains, l'emporta dans la Cilicie, où il le déposa dans l'antre Corycien, ordonnant à Delphyné de veiller sur le dieu amputé, ainsi que sur ses muscles, déposés à côté de lui dans une peau d'ours.
Mercure et Égipan parvinrent à s'introduire dans la grotte. Jupiter reprit ses muscles, et, montant alors sur un char attelé de chevaux ailés, poursuivit Typhon à coups de tonnerre jusqu'au mont Nysa. Le fugitif, trompé par les Parques, mangea des fruits éphémères, qui lui ôtèrent ses forces, et gagna ensuite l'Hémus, en Thrace, qui prit son nom du sang qu'il perdait. Après une courte lutte contre Jupiter, il essaya de s'enfuir à travers la Sicile, mais il fut enfin écrasé sous l'Etna. Le feu qu'il jette depuis ce temps là, dit Apollodore, provient des foudres qui l'enflammèrent alors, ou des efforts du géant pour se libérer.


Les variantes du mythe de Typhon

Dans Pindare, Typhon gît non-seulement sous l'Etna, mais sa tète est recouverte par le Vésuve, et sa poitrine supporte les îles vulcaniennes. Ovide arrange cette fiction en plaçant l'Etna sur la tête du géant, le cap Pélore sur son bras droit, le Pachyne sur le gauche, et le Lilybée sur ses jambes. D'autres supposent qu'il est dans le Tartare, au-dessous de l'Etna. Une tradition insolite le fait périr de la main d'Apollon.
Dans Nonnus, Typhon succombe sous les attaques de Jupiter, secondé par tous les immortels. Sa chute fait retentir les échos de Taurus. Le même poète suppose que ce fut Cadmus, et non Mercure, qui trompa Delphyné.
Enfin, selon les Grecs égyptianisants, Typhon fut frappé de la foudre sur le Caucase (de là le nom de Typhonien, donné à ce mont), et s'enfuit dans les eaux du lac Sirbonide.
Suivant Ératosthène, Typhon, épris de Vénus, avant sa défaite, la poursuivit jusque sur les bords de l'Euphrate. Deux poissons sauvèrent la déesse en la transportant à l'autre rive. Ils furent mis au nombre des constellations.


Le mauvais principe personnifié

Typhon est un dieu égyptien. Il est la personnification du mauvais principe. D'après les mythologues gréco-égyptiens, il était le fils de Cronos et de Rhée, ainsi que le frère d'Osiris et d'Isis, et l'époux de Nephthys. Chargé par Osiris de gouverner les déserts orientaux de l'Égypte, Typhon profita de son absence pour se révolter. Hercule le défit, et Osiris, à son retour, lui pardonna entièrement. Mais Typhon n'en machina pas moins la perte du monarque. Il parvint à l'accomplir, abandonna au cours du Nil le coffre qui contenait ses restes, et monta sur le trône. Tous les dieux, dit-on, jetèrent alors leur couronne.
Cependant Isis, qui avait retrouvé le cadavre de son époux, s'égare une nuit dans une forêt. Typhon trouve par hasard le coffre mystérieux, et disperse les restes d'Osiris. Bientôt Haroéri, qui avait rassemblé une armée, fit payer à Typhon la peine de son crime, et l'envoya, chargé de chaînes, à Isis, sa mère, qui, trop confiante, lui rend la liberté. Révolté de nouveau et défait une seconde fois, il se dérobe à ses ennemis en se métamorphosant en crocodile. Puis, reprenant sa forme première, il monta sur un âne, et courut se plonger dans le lac Sirbonide.
On donne à Typhon une maîtresse nommée Thouéri.


Le culte de Typhon

Typhon était adoré dans quelques villes d'Égypte. Ses temples (Typhonia) étaient remarquables par leur exiguïté. Son culte consistait principalement en processions, qui se faisaient au son du sistre, dans des lieux déserts. Il paraît que dans l'origine, on lui immolait des hommes roux. Le crocodile, l'âne, l'hippopotame, le verrat, le scorpion, lui étaient consacrés.
L'art égyptien nous a conservé plusieurs représentations typhoniennes, mais on ne sait pas au juste quelle était la figure propre de Typhon.


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