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Le mythe de Mars (ou Arès ou Mavors ou Mamers)



Le fils de Jupiter

Mars est le dieu de la guerre. Il est le fils de Jupiter et de Junon. Cette déesse, suivant une tradition peu ancienne, calquée sur celle qui rapporte de même la naissance de Vulcain, l'enfanta sans le concours de son époux. Il lui suffit de toucher une fleur des champs d'0lène pour donner le jour à Mars.


Un dieu destructeur

Dqns Homère, ce dieu est la personnification du tumulte de la guerre, des mêlées confuses, du carnage. Avide de sang et de meurtres, il ne favorise jamais un parti au préjudice de l'autre. Mais, courant alternativement dans les rangs opposés, il excite les peuples rivaux à s'égorger, et couvre le champ de bataille de cadavres. Pendant que Jupiter hésite dans sa haute sagesse à prononcer sur la nécessité d'une guerre cruelle et s'aide des conseils de la sage Minerve, Mars attend impatiemment l'heure du combat. Aussi est-il peu aimé du maître des dieux, et sa mère elle-même, malgré son caractère intraitable, n'a pour lui aucune affection.
Incarnation de la rage brutale, Mars est inférieur à Minerve de tout ce que la sage raison peut donner d'ascendant à une âme noble sur un esprit grossier. Ainsi l'on voit Diomède, soutenu par cette déesse, blesser Mars de sa lance. Plus tard, lorsqu'un combat général s'engage entre tes divinités de l'Olympe, le même dieu a pour adversaire Minerve, qui le terrasse avec une pierre énorme. Il tombe, et son corps couvre sept arpents de terrain.
Ce caractère terrible donné à Mars par les premières traditions poétiques des Grecs se conserve encore dans les tragiques. Il y prend même une teinte plus sombre. Dans l'Œdipe-roi, les Thébains, affligés d'une peste cruelle, regardent comme l'auteur de leurs maux le dieu destructeur qui se plait dans la mort, et invoquent contre lui le secours de Minerve: « Noble fille de Jupiter, fais retourner sur ses pas ce cruel Mars, qui, sans bouclier, sans javelot, est venu nous combattre, et qui nous consume au milieu des gémissements et des cris. Qu'il aille dans les flots inhospitaliers de la mer de Thrace. 0 Jupiter, écrase-le de ta foudre. Bacchus, viens, avec des flambeaux allumés, poursuivre et consumer ce dieu cruel que les autres dieux ne regardent qu'avec horreur. »
Dans l'Iliade, l'appareil du dieu est aussi effrayant que son aspect farouche et sa voix éclatante. Tenant sa forte lance dans la main droite, il s'avance sur un char où Dimos et Phobos (la crainte et l'effroi), ses deux fils et ses compagnons dans les combats, ont attelé deux chevaux aux harnais d'or. Eris, la discorde, sa compagne et sa sœur, se tient à son côté.


L'amant de Vénus

Tout brutal qu'il est, Mars n'a pu résister à la beauté de Vénus, qui le maîtrise d'un signe. Il est son amant favori, il lui rapporte les paroles de Jupiter et lui prête son char. Surpris un jour par Vulcain dans les bras de sa maîtresse, il y fut la risée des dieux. C'est dans les sauvages montagnes de la Thrace qu'il a fixé son séjour. Il ne quitte son palais sur l'Hémus (Stace) que pour venir prendre part au conseil des dieux ou se baigner dans le sang.


Les divers mythes relatifs à Mars

En joignant à ces mythes divers celui qui concerne les Aloades, on aura l'ensemble des traditions homériques sur Mars, dont la biographie s'est enrichie, ainsi que celle des autres dieux, de mille légendes postérieures. Il faut ainsi rapporter à un âge secondaire celles qui lui donnent pour précepteur Priape, ou pour nourrice Théro. Le récit de son combat avec le géants, de sa fuite devant Typho et de sa métamorphose en poisson. Parmi ces traditions diverses quelques-unes, sans être d'une haute antiquité ou purement grecques, ne sont pas sans importance.
Dans Hésiode, on voit Mars, furieux de la mort de son fils Cycnus, tué par Hercule, attaquer celui-ci. Minerve s'interpose, couvre de l'égide le fils d'Alcmène, et Mars remonte blessé dans les cieux. Apollodore, qui a rhabillé cette légende, place le lieu du combat au bord du fleuve Echédore. Mais, selon lui c'est Jupiter qui arrêta les deux adversaire en faisant gronder la foudre. Jaloux d'Adonis aimé de Vénus, Mars se changea en sanglier et le tua.
Une tradition plus célèbre que tous ces traits épars de la vie du dieu est celle qui attribue la fondation de l'aréopage aux suites de son différent avec Halirrhotius. Celui-ci ayant voulu faire violence à Alcippe, fille de Mars, le dieu le tua, et fut mis en jugement devant les douze grands dieux, qui s'assemblèrent sur une colline (aréopage, colline de Mars), sur la plainte de Neptune, père du mort. L'acquittement fut prononcé.
D'autres prétendent que ce tribunal fut institué par Minerve, ou par Cécrops, ou par Solon, et que le nom de colline de Mars venait de ce que les Amazones lui avaient sacrifié en ce lieu dans leur invasion en Attique.
Suidas ne cherche pas d'autre sens au mot aréopage, que celui du tribunal du sang, parce qu'on y jugeait les cas de meurtres.


Le culte d'Arès en Grèce

La mythologie grecque ne nous fournit guère plus de renseignements sur Mars, qui était aussi adoré en Thrace et en Scythie, où son symbole était un vieux sabre à demi rongé par la rouille. Dans ce dernier pays, on lui offra des bœufs, des chevaux, et même des victimes humaines. En Colchide, la toison d'or pendant à un des chênes de la forêt qui lui était consacrée, ce fut de là que les Dioscures apportèrent sa statue (Arès Théréitas) en Laconie, et sur les côtes se trouvait une île, habitée, dit-on, par les oiseaux Stymphalides, et qu'Etienne de Byzance nomme l'île de Mars, tandis que d'autres la désignent sous les noms d'Arétiade, de Chalcéritide et d'Arie. Elle lui était particulièrement consacrée.
En Grèce, était honoré dans un nombre infini de lieux. A Athènes, il avait un temple où l'on voyait sa statue avec celles de Vénus, d'Ényo et de Minerve. Olympie le vénérait sous le nom d'Arès-Hippios ; les Tégéates, sous celui d'Arès-Aphneios ; les Spartiates, qui le représentaient les pieds enchaînés, comme Arès-Enyalios. Une source enfin lui était consacrée près de Thèbes, et il avait à Géronthres en Laconie un temple où les femmes ne pouvaient entrer.
Chez les Étrusques il était au nombre des dieux qui lançaient la foudre. A Falères, un des mois de l'année portait son nom.


Le culte de Mamers à Rome

A Rome, Mars figurait au nombre des douze frères Arvales et des dieux Lases (Lares), divinités tutélaires de la ville. Il était de plus au nombre des dii consentes, qui commandaient aux éléments et présidaient aux évolutions de l'année. Aussi la vieille année romaine, instituée par Romulus, fils de Mars et d'Ilie, ou de Rhée, ou de Silvie, commençait-elle par le mois de Mars. Numa institua en l'honneur de ce dieu le collège des prêtres saliens. Le nom du champ de Mars, des temples, des fêtes, parmi lesquelles on remarque surtout les Équiries, témoignent de l'importance de son culte à Rome.
On lui sacrifiait des chevaux, des taureaux et des boucs. Le loup, l'épervier, le coq, et de plus le gazon, la planète et le mois de Mars, ainsi que le mardi, lui étaient consacrés.


Les représentations de Mars

Le sculpteur Alcamène d'Athènes créa l'idéal de ce dieu, dont on trouve peu d'images chez les Grecs. Elles sont au contraire très fréquentes dans l'art romain, et presque toutes sur des médailles, des bas-reliefs et des gemmes. Dans ces monuments, Mars est représenté avec le front large et sombre, les yeux enfoncés et menaçants. Sa bouche est petite et pleine. Il porte de la barbe et a la poitrine forte et les épaules larges, mais les jambes un peu grêles par rapport au reste du corps.
Ses attributs sont le loup, le bouclier, et la lance avec des trophées.


Le mois de Mars

Mars était le premier mois de l'année. Les Romains lui avaient donné Minerve pour divinité tutélaire, quoiqu'il prît son nom du dieu Mars. Il était symbolisé par un homme vêtu d'une peau de louve, allusion à la nourrice de Rémus et de Romulus. Ausone place auprès de lui un bouc pétulant, une hirondelle qui gazouille, un vase plein de lait, qui, avec l'herbe verdoyante, annoncent le retour du printemps.


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